PETITE HISTOIRE DU KIMONO
ANTIQUITÉ (3e - 6e siècle)
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Costumes de cour
sous l'impératrice Suiko (592-628)

Costumes de cour
sous l'empereur Tenmu (fin 7e siècle)
Dans une chronique chinoise du
3e siècle se rapportant au Japon (Gishi wajinden),
il est rapporté que les Japonais de l'Antiquité se
drapaient dans des rectangles de tissu qu'ils nouaient
simplement sur le devant ou dans des robes qui
ressemblaient à de longs poncho (sortes de longues
chasubles fermées par une ceinture appelée
kantô-i).
À partir du 4e siècle, l'état du Yamato se mit en place et
les contacts avec la Chine et les royaumes de Corée
influencèrent largement les coutumes jusqu'à l'habillement.
Le Japon était alors sous influence chinoise (apparition
d'un langage écrit et début d'un état organisé).
Hommes et femmes portaient des vestes aux manches longues
et étroites, fermées sur le devant (comme celles des
haniwa ou figurines funéraires qui fournissent
d'importantes indications sur l'habillement de cette
époque). Les hommes y associaient un hakama (dont
la forme était proche de celle du pantalon actuel) resserré
en dessous des genoux par une cordelette. Quant aux femmes,
elles portaient une longue jupe plissée (appelée
mo) sous leur veste. L'ensemble constituait le
kinu hakama pour les hommes et le kinu mo
pour les femmes. Il ne fait aucun doute qu'il existait de
nombreuses variantes relatives au rang social.
NARA (710-794)
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Dame de la cour
et haut fonctionnaire (début 8e siècle)
Au cours des périodes d'Asuka (552-645) et de Nara
(710-794), alors que la culture chinoise était en vogue, la
noblesse adopta de longues robes de cour d'inspiration
chinoise qui furent à l'origine du kimono. Parallèlement à
cette hiérarchisation du costume se mirent en place des
règles relatives au choix des couleurs (violet, bleu,
rouge, jaune, blanc et noir) permettant de déterminer le
statut social de celui qui les portait. Un Bureau impérial
des Teintures fut inauguré vers 701.
En 718, le Code de lois de l'ère Yôrô (yôrô
ritsuryô), qui constituait la législation fondamentale
de l'état japonais au début de cette période, se composait
de chapitres relatifs aux rangs et fonctions, aux affaires
des dieux, aux études, aux choix des fonctionnaires et...
aux costumes. Il y était spécifié par exemple que les deux
pans du vêtement devaient se croiser sur le devant en
plaçant impérativement le côté gauche par-dessus le côté
droit, selon la mode chinoise (coutume encore en vigueur de
nos jours mais pour d'autres raisons). L'inverse était
considéré par les Chinois de l'époque comme une marque de
facilité et de barbarisme. Les vêtements réservés aux
nobles, aux hauts dignitaires et aux fonctionnaires
répondaient à des règles très précises. Les éléments de la
mode masculine et féminine commencèrent à diverger au cours
de cette période.
Les hauts fonctionnaires portaient, par-dessus un
hakama, une longue robe (hô), fermée au
niveau du col et resserrée à la taille par une ceinture
étroite.
Les femmes de la cour arboraient un haut sans manches
(karaginu) par dessus une veste et elles
glissaient l'ensemble sous le mo (jupe plissée)
qu'elles ceinturaient. Autour de leurs épaules pendait une
longue écharpe (hire).
Cette mode perdura jusqu'au début de l'époque de Heian.
HEIAN (714-1192)
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Costumes
officiels de cour du début de la période de
Heian
Au début de l'ère Heian, le Japon interrompit ses relations
diplomatiques avec la Chine et l'on vit naître un style
proprement japonais dans tous les domaines (architecture,
arts, écriture, costumes...). La cour s'isola dans un monde
de littérature, de poésie, de peinture et de plaisirs.
Courtisans et courtisanes se devaient d'afficher leur sens
de l'esthétique et du raffinement en choisissant avec un
soin particulier les associations de couleurs de leurs
parures qui ne manquaient pas de s'accorder à la saison, à
l'âge ou à l'occasion. Une réputation pouvait se faire ou
se défaire sur le simple choix d'une combinaison heureuse
ou malheureuse de couleurs ! Ces déclinaisons imitaient les
nuances présentes dans la nature et se montraient au niveau
du col, des poignets et de la traîne. Les combinaisons
standardisées de couleurs constituèrent peu à peu un
véritable code de règles esthétiques (kasane
irome).
Dès le milieu de l'époque de Heian, les vêtements masculins
et féminins furent dotés de manches très largement ouvertes
(hirosode). Le kosode blanc à manches
étroites était alors un sous-vêtement porté à même la peau.
Les longues robe à traîne des femmes de la cour
dissimulaient entièrement leur corps et se superposaient
sur plusieurs épaisseurs (karaginu-mo ou plus
familièrement juni hitoe, signifiant douze robes
non doublées). Sous ces longues robes, les femmes
continuaient de porter un hakama. Le mo
(jupe plissée) était alors réduit à une sorte de tablier
porté à l'envers de façon à former une traîne. Cette
superposition de kimonos faisait ressortir la minceur du
visage et la fragilité du corps enfoui. Les robes étaient
faites de tissus de soie damassée de couleur unie ornée de
motifs conventionnels (la laine n'existait pas et le coton
ne fut introduit qu'au milieu du 16e siècle).
Les vêtements portés à la cour
par les hommes se transformèrent également. Les guerriers
de haut rang et les hauts dignitaires adoptèrent un
vêtement officiel, le sokutai et sa forme
simplifiée, le ikan, lors de leur visite au palais
impérial. Le sokutai porté jusqu'au milieu de
cette période était encore très inspiré de la forme du
costume officiel de la cour chinoise. A noter que le
sokutai des bushi présentait de légères
différences dans la forme, ceci afin de faciliter leurs
mouvements.
Des tenues moins prestigieuses comme le kariginu
ou le nôshi étaient portées lors des activités
quotidiennes.
Les bushi de la fin de Heian commencèrent à
adopter une tenue très pratique, inspirée de la tenue
quotidienne du peuple, le hitatare. Ils
continueront à le porter au cours de la période de
Kamakura. Le suikan, une variante destinée aux
bushi de rangs plus élevés, connaîtra également un grand
succès.
Pour confectionner de telles robes auxquelles s'ajoutaient
de longues traînes, il fallait trois à quatre fois de tissu
qu'autrefois. Les manches étaient si longues qu'elles
entravaient les mouvements et des cordelettes permettaient
de les retenir en cas de nécessité. Pour accentuer encore
cette image d'opulence, les hommes portaient des pantalons
bouffants en dessous de leur robe.
Sokutai (de haut fonctionnaire, porté juqu'au milieu de
Heian)
Sokutai
Ikan
Nôshi
Kariginu
Hitatare
Comparaison
avec nos vêtements actuels:
sokutai ____________ smoking ou "queue de pie"
ikan ____________ costume - cravate
nôshi ____________ pantalon et veste/blaser avec cravate
eboshi nôshi ________ pantalon et veste sans cravate
kariginu __________ veste ou blouson
hitatare __________ vêtement de sport, trainer
kosode ___________ T-shirt/jeans
Tenue
estivale
En été, les nobles portaient
une robe légère non doublée (katabira) tissée en
lin ou en ramie.
Les techniques de teinture se perfectionnèrent et les
kimonos teints remplacèrent peu à peu les kimonos
tissés.Parallèlement au mode de vie sinisé adopté avec
frénésie par la cour, les riches familles de guerriers des
provinces avaient opté pour un art de vivre traditionnel
japonais, une tendance qui allait apporter des changements
jusque dans l'habillement.
Les gens du peuple continuaient de porter un
kosode à l'extérieur (tissé en diverses fibres
végétales). Il existait une tenue plus commode encore,
constituée d'une tunique courte ou d'une veste rentrée dans
une sorte de pantalon. Les chaussures étaient de simples
sandales en paille ou des claques en bois.

Tenues
ordinaires du peuple : hitatare et kosode
KAMAKURA (1185-1333)
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Le gouvernement militaire de Minamoto Yoritomo accéda au
pouvoir et s’installa à Kamakura, loin d’une cour décadente
dont il délaissa les excentricités. Les conséquences de ce
changement politique radical furent visibles jusque dans
les tenues vestimentaires qui se simplifièrent
considérablement.
Les superpositions de plusieurs robes de soie et le port du
hirosode (robe à manches larges qui témoignait
d’un statut élevé) furent abandonnés pour des tenues plus
sobres et plus fonctionnelles aux manches plus étroites
(kosode). Les hommes de la classe guerrière
dirigeante et les nobles arboraient comme tenue ordinaire,
le kariginu (inspiré de la tenue de chasse en
vogue durant la période de Heian) dont le haut des manches
n’était pas cousu et qui permettait ainsi une plus grande
ampleur des mouvements. Mais le confort et la simplicité de
ces tenues d’un nouveau style ne furent pas les seules
raisons du choix des militaires de cette période: en effet,
elles ressemblaient beaucoup aux tenues de combat déjà
portées par leurs ancêtres au cours de la période
précédente. Ainsi, ne faisaient-ils que perpétuer les
habitudes vestimentaires de leurs ancêtres guerriers de la
période de Heian.
Le costume masculin changea véritablement à la fin de cette
période. Les bushi (guerriers) portaient
au quotidien un hitatare consistant en un haut
(une sorte de kimono court, brocardé pour les événements
officiels) glissé à l’intérieur d’un hakama ou
bien encore un suô (une forme proche de celle du
hitatare), tous deux ornés de motifs audacieux.
Cet habit semble avoir été adopté à partir du vêtement de
travail des gens du peuple et permettait une ampleur de
mouvement plus aisée. L'armure du guerrier (yoroi)
pouvait être endossée par-dessus le yoroi hitatare
(les manches étaient alors moins amples et le pantalon,
plus court, était doté de jambières).


Hitatare, suô et
daimon


Tenues de
guerriers
Cependant, lors d’événements particulièrement importants,
le port des robes à manches larges (hirosode) et à
col rond, vestiges de la période de Heian, restait en
vigueur.

Tenues de
cérémonie (hirosode et konôshi)
L’élégance pour les femmes de la classe des guerriers de
haut rang se réduisait à un simple kosode blanc en
soie porté avec un hakama rouge. Dans les
circonstances officielles, elles portaient également un
uchiki brocardé, une sorte de long manteau
qu’elles passaient par-dessus leur kosode. Le
obi n’était alors qu’une simple ceinture étroite
ou une cordelette. Lorsqu’elles sortaient ou voyageaient
(suite au développement grandissant des nouvelles sectes
bouddhistes, les pèlerinages et visites aux temples étaient
à la mode), les femmes se couvraient la tête à l’aide d’un
second kosode , à la façon dont on peut, de nos
jours, s’abriter de la pluie en passant une veste sur la
tête. Ce kosode était maintenu en place par une
ceinture au niveau des épaules ou de la poitrine
(kazuki). Une variante consistait à porter un
large chapeau rond en paille autour duquel pendait un long
voile transparent qui leur permettait de garder l’anonymat
(tsubo ori).
Kosode blanc et
hakama rouge, tsubo ori et
kazuki
C’est à cette époque que s'imposa peu à peu la forme du
kosode. Il devint le vêtement usuel des classes
populaires qui le portaient comme sous-vêtement et comme
vêtement d'extérieur. Dans ce dernier cas, il répondait à
certaines exigences pratiques et esthétiques notamment en
s'adaptant aux saisons (simple, double ou matelassé). Tissé
dans des matières végétales (lin), le kosode était
uni ou orné de motifs teints très simples (shibori).
L’appauvrissement engendré par
les guerres incessantes de l’époque obligea également les
courtisans à adopter un habillement plus simple.
Les classes supérieures des familles de bushi
avaient pour habitude de conserver et de transmettre leurs
biens les plus précieux et leurs vêtements, alors que les
classes inférieures usaient leurs habits jusqu’à la corde.
Ils confectionnaient ensuite des vêtements ou des langes
pour leurs enfants; c’est pourquoi, la majorité des
kosode intacts aujourd’hui appartenaient à des
familles de guerriers.
MUROMACHI
(1392-1573)
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Sous les
shôgun Ashikaga, des changements vestimentaires importants
transformèrent les silhouettes pour toujours. Toujours
fidèles à leur éthique guerrière, les hommes continuèrent à
porter le hitatare avec des variantes comme le
suô ou le daimon (une sorte de
hitatare orné de larges motifs). La différence
essentielle résidait dans les matériaux utilisés. La soie
du hitatare était remplacée par du lin ou du drap,
moins onéreux.

Noble en
hitatare et épouse de guerrier
Les femmes de haut rang
abandonnèrent le hakama et commencèrent à porter
un kimono plus long, visible dans sa totalité qui se para
de couleurs vives et de brocarts. La ceinture du
hakama permettant jusque-là de maintenir le
kosode en place, il fallut y trouver un substitut.
Le obi allait remplir ce rôle à la perfection. Il
n’était encore qu’une étroite ceinture de quelques
centimètres de large. C'est ainsi que la mode féminine
s'élabora ainsi peu à peu.
Lors de cérémonies officielles, les femmes de haut rang
portaient par-dessus leur tenue, un lourd kosode
posé sur les épaules, maintenu ouvert et paré de riches
brocarts (uchikake). Durant la saison chaude et
humide (de juin à septembre), les tenues officielles étant
particulièrement inconfortables, elles nouaient le haut du
uchikake autour de la taille (koshimaki),
libérant ainsi le haut du corps .

Uchikake et
koshimaki
Le kosode devint un
vêtement d’extérieur à part entière et son aspect (couleurs
et matières) évolua considérablement. On lui appliqua les
techniques de teintures des vêtements d’apparat de la cour.
La forme originale du kosode actuel, porté comme
vêtement d’usage courant ou exceptionnel apparut donc à ce
moment.
Les gens ordinaires commencèrent à porter le
dobuku, un manteau court dont la forme rappelle
celle du haori. Porté à l'origine par les vendeurs
de rues, il fut adopté par les hommes des classes
supérieures.
À l’époque de Muromachi, les guerres continuelles mirent
l’industrie et les productions familiales en déclin. Les
belles étoffes furent importées de Chine et les décors à la
main mis en valeur. On tenta d’imiter les décors chinois
par des tissages de fils d’or et d’argent et par des
impressions à la feuille d’or (suihaku). Combinées
à la broderie, ces techniques furent bien accueillies et
remplacèrent peu à peu les importations.
MOMOYAMA
(1582-1603)
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Courtisane
Cette courte période est
considérée comme une des plus brillantes et une des plus
productives dans le domaine artistique. Le quartier des
tisserands de Nishijin à Kyôto constituait le centre de la
production textile.
Un goût accentué pour l’individualisme, le style libre, les
motifs grandioses et les décors asymétriques caractérisa
cette ère qui fut celle des grands décorateurs. Le commerce
avec la Chine reprit à grande échelle : la soie de
satin damassé (rinzu) tissée de motifs à la
grecque et de fleurs stylisées (karaori) constitua
un support facile pour les nouvelles techniques.
On commença aussi à utiliser des procédés de teinture
continentaux qui permirent la création des somptueux
kosode de l’époque Azuchi-Momoyama : couleurs
vives, tissus précieux brocardés et broderie
caractéristiques.
EDO (1603-1867)
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Kosode et tenue
de sortie pour épouse de bushi
Le kimono de la période d’Edo
représente l’apogée de l’histoire du costume japonais et
des textiles associés.
Dès le début du 17e siècle, les hommes de la classe
guerrière portaient la tenue kamishimo en présence
du shôgun, mais dans la vie ordinaire, hommes et femmes
portaient le kosode et le hakama.
Pourtant, même les habits de tous les jours devinrent
graduellement plus coquets avec l’apparition de matériaux
teints et de motifs raffinés qui sont encore reproduits sur
les kimonos contemporains.


Tenues
officielles de daimyô et de bushi de haut rang: daimon
nagabakama, suô et kataginu nagabakama (kamishimo)
Les kosode non doublés
en coton, lin ou ramie, également appelés
katabira, tissés à l’aide de fils torsadés à la
main et décorés de motifs teints à l’indigo ou de
broderies, étaient portés en été par les élégantes
aristocrates. Par-dessus, elles revêtaient un
uchikake dont elles ceinturaient le haut autour de
la taille (à la façon dont nous portons aujourd’hui un pull
ou une veste autour de la taille).
À l’opposé de la soie coûteuse et raffinée utilisée par les
classes de l’élite, des matières solides et plus grossières
issues de fibres végétales (lin, ramie, mûrier, coton,
glycine) furent aussi à la base des vêtements du peuple.
De magnifiques kosode
furent créés au cours de cette époque ; en voici
quelques exemples :
1- Kosode de l’ère Keichô (1596-1615) : les décors
asymétriques étaient souvent disposés en diagonale. Les
zones teintées étaient irrégulières et les motifs empruntés
à la nature dominaient. La complexité inhérente à ce style
le limitait à la classe des samurai ou aux chônin
(classe des bourgeois) cultivés.
2- Kosode de l’ère Kanbun
(1661-1673): les kimonos se parèrent d’une ornementation
hardie qui s’étendait de façon asymétrique des épaules vers
le bas droit du vêtement, laissant vierges des espaces
entre les motifs. Ces larges zones sans décor n'étaient pas
seulement dictées par un but esthétique. En effet, ce style
s'est imposé suite aux deux grands incendies d'Edo (1657 et
1661) où beaucoup de citadins perdirent tous leurs biens.
Un besoin pressant de vêtements nouveaux s'imposa. Choisir
de concentrer les décors sur des espaces réduits
nécessitant des techniques difficiles permit une production
massive. Le kanbun kosode était le reflet de la
nouvelle classe bourgeoise et de ses goûts. Les allusions
littéraires médiévales, chinoises et japonaises, faisant
référence à un poème ou à une légende furent reprises.
3- L’ère Genroku (1688-1704) vit naître un style qui
persista jusqu’au milieu du 18e siècle. La plus grande partie des
motifs apparaissait sur le devant, les épaules et le bas du
vêtement. Des objets usuels (chapeaux, clôtures, rideaux,
instruments de musique, bateaux…) devinrent des motifs
populaires. L’élargissement du obi commença à
cette époque et passa de 5 à 20 cm, ce qui coupait les
motifs du dos ; on prit donc l’habitude de les diviser
et parfois même, on ne décorait plus que la partie
inférieure du vêtement, laissant le centre vide.

4- Yuzen : l’œuvre de Miyazaki Yuzensai influença
l’ornementation des kosode à une époque où les
teinturiers rivalisaient pour mettre au point des
techniques susceptibles d’élargir les perspectives
picturales de leur profession. Ce procédé permit d’obtenir
des couleurs jamais obtenues avec les techniques
précédentes. Ici, on « teignait en
peignant » : la teinture était appliquée sur le
tissu. Sur les 7 pièces nécessaires à l’assemblage du
kimono, on traçait une ébauche à l’encre de Chine qui était
reprise à la colle ; on recouvrait le kimono d’une
pâte résistante puis on lavait le tout ; la colle se
dissolvait et laissait apparaître les traces blanches parmi
les parties teintes. La broderie passait ainsi en second
plan ; le choix des thèmes s’élargit et les
combinaisons devinrent plus complexes.
Par la suite, la coupe du kosode se
transforma : il devint plus ample et plus long, de
même que les manches.
Les motifs se firent également plus petits et plus
précis ; ils n’éclataient plus sur toute la surface du
kimono mais étaient regroupés par endroits. Les premiers
carnets d’échantillons (hinagata) apparurent avec
des motifs de plus en plus variés qui figuraient en
association (moineaux et bambous par exemple) ou en
relation avec des thèmes imaginaires, tirés de contes ou de
poésies japonaises ou chinoises. Sur chaque page, un motif
était imprimé en noir et blanc.
Paysans, pêcheurs et citadins portaient au quotidien des
vêtements de coton ou de lin. La laine n’était pas encore
utilisée et le port de la soie de même que les motifs trop
voyants furent interdits par des lois somptuaires (1683,
1689 et 1721) édictées par le gouvernement shôgunal. Seuls
les samurai étaient autorisés à porter le habutae
(lourd kimono en taffetas).


Citadins en
kosode et haori
DEUXIEME
MOITIE DE LA PÉRIODE D’EDO
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De 1750 à 1850, le kimono se
simplifia (suite au contexte économique et à la
promulgation des lois somptuaires) dans ses motifs et ses
techniques, en réaction au plein épanouissement de l’époque
Genroku.
À la fin du 18e siècle,
les kimonos éblouissants furent délaissés et on leur
préféra des motifs plus iki (un concept
esthétique mêlant à la fois élégance et sobriété). Le
gouvernement shôgunal avait alors promulgué de nouvelles
lois somptuaires (1863) interdisant les brocarts d’or, les
broderies, certains procédés de teinture etc... Il en
résulta un grand changement dans la mode et les techniques
d’ornementation.
Les représentations en « tableaux » furent
abandonnées au profit de motifs géométriques (rayures,
carreaux, originaires de Chine et d’Inde). On laissa
apparaître des sous-kimonos plus clairs par l’ouverture des
manches et sur le devant, traduisant ainsi une certaine
image érotique de la femme.
Le peuple adopta également ces motifs et commença à porter
des yukata de coton (blancs aux motifs bleus) très
différents des katabira en lin des nobles,
également teints à l’indigo sur fond blanc.
MEIJI
(1867 - 1912) : du vêtement japonais au vêtement occidental
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Au début de l’ère Meiji, tout le monde
fut autorisé à porter de la soie. La demande et la
production se firent massives. Le kimono était encore
prédominant mais, avec l’introduction des coutumes
occidentales, il perdit peu à peu du terrain ;
néanmoins, le mélange des styles japonais et occidental où
cohabitaient haori (veste), hakama,
chapeaux et chaussures perdura pendant quelque temps.
Le gouvernement encouragea le peuple à adopter les
uniformes de style occidental. Militaires, policiers et
autres fonctionnaires furent contraints par la loi de se
mettre à cette nouvelle mode. Ceci déclencha un élan
particulièrement fort vers les grands changements qui se
produisirent dans l’habillement japonais.
Ce mélange des styles japonais et occidental est encore
adopté de nos jours par certaines jeunes filles quand elles
assistent à la cérémonie de remise de diplômes à
l’université (kimono, hakama et bottines).
TAISHÔ
(1912 - 1926)
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Durant la période de Taishô,
les kimonos étaient portés par les femmes de classe moyenne
dans les villes et les campagnes. Motifs et coloris étaient
innombrables. Influence occidentale et tradition japonaise
se développèrent dans un contexte florissant. Les motifs
des kimonos acquirent alors un air occidental et moderne.
Autrefois minuscules et répétitifs, ils furent remplacés
par des formes dynamiques (style art déco dans la
symétrie et la ligne) et connurent une vogue sans
précédent.
Mais peu à peu, le vêtement occidental remplaça le kimono
chez les citadines.
Jusqu'au début du 20e siècle, les kimonos se partageaient
en deux grands groupes selon que les motifs occupaient
toute la surface du vêtement ou uniquement le bas. Aussi
fallait-il être assez habile pour ne pas être trop voyante
ou trop sobre dans sa tenue. Peu à peu, avec le changement
des habitudes, les femmes réclamèrent des kimonos plus
faciles à porter au quotidien, lors de leurs sorties et de
leurs divertissements. Le grand magasin Mitsukoshi fut le
premier à mettre en vente le style hômonfuku (qui
devint le hômongi): moins voyant que le
furisode (kimono de cérémonie à longues manches)
et plus élégant que le kimono ordinaire. Le succès fut
immédiat et la mode était lancée. A cette époque, aucune
terminologie particulière ne lui étant attribuée, des
expressions comme «vêtement pour sortir» ou
puromunâdo (promenade) étaient couramment
utilisées.
SHÔWA
(1926 - 1989)
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Le kimono n'est plus guère
porté de nos jours.
Il est réservé aux personnes d’un certain âge habituées à
le revêtir depuis leur jeunesse, aux serveuses de
restaurants traditionnels ou aux enseignants et pratiquants
d’un art traditionnel comme la danse japonaise, la
cérémonie du thé ou l’arrangement floral. Il convient aussi
particulièrement aux occasions exceptionnelles ou
saisonnières (Nouvel an, fêtes traditionnelles estivales,
remise des diplômes universitaires, cérémonie de la
majorité à l’âge de 20 ans ou mariage). En pareilles
occasions, les petites filles et les jeunes femmes
célibataires portent le furisode (un kimono pourvu
de longues manches aux motifs colorés et voyants).
Comparé à la tenue occidentale, le kimono est difficile à
porter et ne se prête pas aux activités physiques ; c’est
pourquoi il a quasiment disparu en qualité de vêtement pour
la vie pratique de tous les jours.
HEISEI (1989 - )
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Le kimono a fait un retour en
force ces dernières années auprès des jeunes générations
qui l’accessoirisent parfois avec beaucoup d'humour et de
créativité.
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