PETITE HISTOIRE DU KIMONO


ANTIQUITÉ (3e - 6e siècle)
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Costumes de cour sous l'impératrice Suiko (592-628)

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Costumes de cour sous l'empereur Tenmu (fin 7e siècle)

Dans une chronique chinoise du 3e siècle se rapportant au Japon (Gishi wajinden), il est rapporté que les Japonais de l'Antiquité se drapaient dans des rectangles de tissu qu'ils nouaient simplement sur le devant ou dans des robes qui ressemblaient à de longs poncho (sortes de longues chasubles fermées par une ceinture appelée kantô-i).
À partir du 4e siècle, l'état du Yamato se mit en place et les contacts avec la Chine et les royaumes de Corée influencèrent largement les coutumes jusqu'à l'habillement. Le Japon était alors sous influence chinoise (apparition d'un langage écrit et début d'un état organisé).
Hommes et femmes portaient des vestes aux manches longues et étroites, fermées sur le devant (comme celles des haniwa ou figurines funéraires qui fournissent d'importantes indications sur l'habillement de cette époque). Les hommes y associaient un hakama (dont la forme était proche de celle du pantalon actuel) resserré en dessous des genoux par une cordelette. Quant aux femmes, elles portaient une longue jupe plissée (appelée mo) sous leur veste. L'ensemble constituait le kinu hakama pour les hommes et le kinu mo pour les femmes. Il ne fait aucun doute qu'il existait de nombreuses variantes relatives au rang social.



NARA (710-794)
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Dame de la cour et haut fonctionnaire (début 8e siècle)


Au cours des périodes d'Asuka (552-645) et de Nara (710-794), alors que la culture chinoise était en vogue, la noblesse adopta de longues robes de cour d'inspiration chinoise qui furent à l'origine du kimono. Parallèlement à cette hiérarchisation du costume se mirent en place des règles relatives au choix des couleurs (violet, bleu, rouge, jaune, blanc et noir) permettant de déterminer le statut social de celui qui les portait. Un Bureau impérial des Teintures fut inauguré vers 701.
En 718, le Code de lois de l'ère Yôrô (yôrô ritsuryô), qui constituait la législation fondamentale de l'état japonais au début de cette période, se composait de chapitres relatifs aux rangs et fonctions, aux affaires des dieux, aux études, aux choix des fonctionnaires et... aux costumes. Il y était spécifié par exemple que les deux pans du vêtement devaient se croiser sur le devant en plaçant impérativement le côté gauche par-dessus le côté droit, selon la mode chinoise (coutume encore en vigueur de nos jours mais pour d'autres raisons). L'inverse était considéré par les Chinois de l'époque comme une marque de facilité et de barbarisme. Les vêtements réservés aux nobles, aux hauts dignitaires et aux fonctionnaires répondaient à des règles très précises. Les éléments de la mode masculine et féminine commencèrent à diverger au cours de cette période.
Les hauts fonctionnaires portaient, par-dessus un hakama, une longue robe (), fermée au niveau du col et resserrée à la taille par une ceinture étroite.
Les femmes de la cour arboraient un haut sans manches (karaginu) par dessus une veste et elles glissaient l'ensemble sous le mo (jupe plissée) qu'elles ceinturaient. Autour de leurs épaules pendait une longue écharpe (hire).
Cette mode perdura jusqu'au début de l'époque de Heian.



HEIAN (714-1192)
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Costumes officiels de cour du début de la période de Heian


Au début de l'ère Heian, le Japon interrompit ses relations diplomatiques avec la Chine et l'on vit naître un style proprement japonais dans tous les domaines (architecture, arts, écriture, costumes...). La cour s'isola dans un monde de littérature, de poésie, de peinture et de plaisirs. Courtisans et courtisanes se devaient d'afficher leur sens de l'esthétique et du raffinement en choisissant avec un soin particulier les associations de couleurs de leurs parures qui ne manquaient pas de s'accorder à la saison, à l'âge ou à l'occasion. Une réputation pouvait se faire ou se défaire sur le simple choix d'une combinaison heureuse ou malheureuse de couleurs ! Ces déclinaisons imitaient les nuances présentes dans la nature et se montraient au niveau du col, des poignets et de la traîne. Les combinaisons standardisées de couleurs constituèrent peu à peu un véritable code de règles esthétiques (kasane irome).

Dès le milieu de l'époque de Heian, les vêtements masculins et féminins furent dotés de manches très largement ouvertes (hirosode). Le kosode blanc à manches étroites était alors un sous-vêtement porté à même la peau. Les longues robe à traîne des femmes de la cour dissimulaient entièrement leur corps et se superposaient sur plusieurs épaisseurs (karaginu-mo ou plus familièrement juni hitoe, signifiant douze robes non doublées). Sous ces longues robes, les femmes continuaient de porter un hakama. Le mo (jupe plissée) était alors réduit à une sorte de tablier porté à l'envers de façon à former une traîne. Cette superposition de kimonos faisait ressortir la minceur du visage et la fragilité du corps enfoui. Les robes étaient faites de tissus de soie damassée de couleur unie ornée de motifs conventionnels (la laine n'existait pas et le coton ne fut introduit qu'au milieu du 16e siècle).

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Les vêtements portés à la cour par les hommes se transformèrent également. Les guerriers de haut rang et les hauts dignitaires adoptèrent un vêtement officiel, le sokutai et sa forme simplifiée, le ikan, lors de leur visite au palais impérial. Le sokutai porté jusqu'au milieu de cette période était encore très inspiré de la forme du costume officiel de la cour chinoise. A noter que le sokutai des bushi présentait de légères différences dans la forme, ceci afin de faciliter leurs mouvements.
Des tenues moins prestigieuses comme le kariginu ou le nôshi étaient portées lors des activités quotidiennes.
Les bushi de la fin de Heian commencèrent à adopter une tenue très pratique, inspirée de la tenue quotidienne du peuple, le hitatare. Ils continueront à le porter au cours de la période de Kamakura. Le suikan, une variante destinée aux bushi de rangs plus élevés, connaîtra également un grand succès.
Pour confectionner de telles robes auxquelles s'ajoutaient de longues traînes, il fallait trois à quatre fois de tissu qu'autrefois. Les manches étaient si longues qu'elles entravaient les mouvements et des cordelettes permettaient de les retenir en cas de nécessité. Pour accentuer encore cette image d'opulence, les hommes portaient des pantalons bouffants en dessous de leur robe.

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Sokutai (de haut fonctionnaire, porté juqu'au milieu de Heian)


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Sokutai


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Ikan


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Nôshi


kariginuA
Kariginu


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Hitatare

Comparaison avec nos vêtements actuels:
sokutai ____________ smoking ou "queue de pie"
ikan ____________ costume - cravate
nôshi ____________ pantalon et veste/blaser avec cravate
eboshi nôshi ________ pantalon et veste sans cravate
kariginu __________ veste ou blouson
hitatare __________ vêtement de sport, trainer
kosode ___________ T-shirt/jeans


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Tenue estivale

En été, les nobles portaient une robe légère non doublée (katabira) tissée en lin ou en ramie.
Les techniques de teinture se perfectionnèrent et les kimonos teints remplacèrent peu à peu les kimonos tissés.Parallèlement au mode de vie sinisé adopté avec frénésie par la cour, les riches familles de guerriers des provinces avaient opté pour un art de vivre traditionnel japonais, une tendance qui allait apporter des changements jusque dans l'habillement.

Les gens du peuple continuaient de porter un kosode à l'extérieur (tissé en diverses fibres végétales). Il existait une tenue plus commode encore, constituée d'une tunique courte ou d'une veste rentrée dans une sorte de pantalon. Les chaussures étaient de simples sandales en paille ou des claques en bois.

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Tenues ordinaires du peuple : hitatare et kosode


KAMAKURA (1185-1333)
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Le gouvernement militaire de Minamoto Yoritomo accéda au pouvoir et s’installa à Kamakura, loin d’une cour décadente dont il délaissa les excentricités. Les conséquences de ce changement politique radical furent visibles jusque dans les tenues vestimentaires qui se simplifièrent considérablement.
Les superpositions de plusieurs robes de soie et le port du hirosode (robe à manches larges qui témoignait d’un statut élevé) furent abandonnés pour des tenues plus sobres et plus fonctionnelles aux manches plus étroites (kosode). Les hommes de la classe guerrière dirigeante et les nobles arboraient comme tenue ordinaire, le kariginu (inspiré de la tenue de chasse en vogue durant la période de Heian) dont le haut des manches n’était pas cousu et qui permettait ainsi une plus grande ampleur des mouvements. Mais le confort et la simplicité de ces tenues d’un nouveau style ne furent pas les seules raisons du choix des militaires de cette période: en effet, elles ressemblaient beaucoup aux tenues de combat déjà portées par leurs ancêtres au cours de la période précédente. Ainsi, ne faisaient-ils que perpétuer les habitudes vestimentaires de leurs ancêtres guerriers de la période de Heian.

Le costume masculin changea véritablement à la fin de cette période. Les bushi (guerriers) portaient au quotidien un hitatare consistant en un haut (une sorte de kimono court, brocardé pour les événements officiels) glissé à l’intérieur d’un hakama ou bien encore un suô (une forme proche de celle du hitatare), tous deux ornés de motifs audacieux. Cet habit semble avoir été adopté à partir du vêtement de travail des gens du peuple et permettait une ampleur de mouvement plus aisée. L'armure du guerrier (yoroi) pouvait être endossée par-dessus le yoroi hitatare (les manches étaient alors moins amples et le pantalon, plus court, était doté de jambières).

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Hitatare, suô et daimon


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Tenues de guerriers


Cependant, lors d’événements particulièrement importants, le port des robes à manches larges (hirosode) et à col rond, vestiges de la période de Heian, restait en vigueur.

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Tenues de cérémonie (hirosode et konôshi)


L’élégance pour les femmes de la classe des guerriers de haut rang se réduisait à un simple kosode blanc en soie porté avec un hakama rouge. Dans les circonstances officielles, elles portaient également un uchiki brocardé, une sorte de long manteau qu’elles passaient par-dessus leur kosode. Le obi n’était alors qu’une simple ceinture étroite ou une cordelette. Lorsqu’elles sortaient ou voyageaient (suite au développement grandissant des nouvelles sectes bouddhistes, les pèlerinages et visites aux temples étaient à la mode), les femmes se couvraient la tête à l’aide d’un second kosode , à la façon dont on peut, de nos jours, s’abriter de la pluie en passant une veste sur la tête. Ce kosode était maintenu en place par une ceinture au niveau des épaules ou de la poitrine (kazuki). Une variante consistait à porter un large chapeau rond en paille autour duquel pendait un long voile transparent qui leur permettait de garder l’anonymat (tsubo ori).

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Kosode blanc et hakama rouge, tsubo ori et kazuki


C’est à cette époque que s'imposa peu à peu la forme du kosode. Il devint le vêtement usuel des classes populaires qui le portaient comme sous-vêtement et comme vêtement d'extérieur. Dans ce dernier cas, il répondait à certaines exigences pratiques et esthétiques notamment en s'adaptant aux saisons (simple, double ou matelassé). Tissé dans des matières végétales (lin), le kosode était uni ou orné de motifs teints très simples (shibori).

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L’appauvrissement engendré par les guerres incessantes de l’époque obligea également les courtisans à adopter un habillement plus simple.
Les classes supérieures des familles de bushi avaient pour habitude de conserver et de transmettre leurs biens les plus précieux et leurs vêtements, alors que les classes inférieures usaient leurs habits jusqu’à la corde. Ils confectionnaient ensuite des vêtements ou des langes pour leurs enfants; c’est pourquoi, la majorité des kosode intacts aujourd’hui appartenaient à des familles de guerriers.


MUROMACHI (1392-1573)
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Sous les shôgun Ashikaga, des changements vestimentaires importants transformèrent les silhouettes pour toujours. Toujours fidèles à leur éthique guerrière, les hommes continuèrent à porter le hitatare avec des variantes comme le suô ou le daimon (une sorte de hitatare orné de larges motifs). La différence essentielle résidait dans les matériaux utilisés. La soie du hitatare était remplacée par du lin ou du drap, moins onéreux.

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Noble en hitatare et épouse de guerrier

Les femmes de haut rang abandonnèrent le hakama et commencèrent à porter un kimono plus long, visible dans sa totalité qui se para de couleurs vives et de brocarts. La ceinture du hakama permettant jusque-là de maintenir le kosode en place, il fallut y trouver un substitut. Le obi allait remplir ce rôle à la perfection. Il n’était encore qu’une étroite ceinture de quelques centimètres de large. C'est ainsi que la mode féminine s'élabora ainsi peu à peu.
Lors de cérémonies officielles, les femmes de haut rang portaient par-dessus leur tenue, un lourd kosode posé sur les épaules, maintenu ouvert et paré de riches brocarts (uchikake). Durant la saison chaude et humide (de juin à septembre), les tenues officielles étant particulièrement inconfortables, elles nouaient le haut du uchikake autour de la taille (koshimaki), libérant ainsi le haut du corps .

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Uchikake et koshimaki

Le kosode devint un vêtement d’extérieur à part entière et son aspect (couleurs et matières) évolua considérablement. On lui appliqua les techniques de teintures des vêtements d’apparat de la cour. La forme originale du kosode actuel, porté comme vêtement d’usage courant ou exceptionnel apparut donc à ce moment.

Les gens ordinaires commencèrent à porter le dobuku, un manteau court dont la forme rappelle celle du haori. Porté à l'origine par les vendeurs de rues, il fut adopté par les hommes des classes supérieures.

À l’époque de Muromachi, les guerres continuelles mirent l’industrie et les productions familiales en déclin. Les belles étoffes furent importées de Chine et les décors à la main mis en valeur. On tenta d’imiter les décors chinois par des tissages de fils d’or et d’argent et par des impressions à la feuille d’or (suihaku). Combinées à la broderie, ces techniques furent bien accueillies et remplacèrent peu à peu les importations.


MOMOYAMA (1582-1603)
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Courtisane

Cette courte période est considérée comme une des plus brillantes et une des plus productives dans le domaine artistique. Le quartier des tisserands de Nishijin à Kyôto constituait le centre de la production textile.
Un goût accentué pour l’individualisme, le style libre, les motifs grandioses et les décors asymétriques caractérisa cette ère qui fut celle des grands décorateurs. Le commerce avec la Chine reprit à grande échelle : la soie de satin damassé (rinzu) tissée de motifs à la grecque et de fleurs stylisées (karaori) constitua un support facile pour les nouvelles techniques.
On commença aussi à utiliser des procédés de teinture continentaux qui permirent la création des somptueux kosode de l’époque Azuchi-Momoyama : couleurs vives, tissus précieux brocardés et broderie caractéristiques.

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EDO (1603-1867)
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Kosode et tenue de sortie pour épouse de bushi

Le kimono de la période d’Edo représente l’apogée de l’histoire du costume japonais et des textiles associés.
Dès le début du 17e siècle, les hommes de la classe guerrière portaient la tenue kamishimo en présence du shôgun, mais dans la vie ordinaire, hommes et femmes portaient le kosode et le hakama. Pourtant, même les habits de tous les jours devinrent graduellement plus coquets avec l’apparition de matériaux teints et de motifs raffinés qui sont encore reproduits sur les kimonos contemporains.

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Tenues officielles de daimyô et de bushi de haut rang: daimon nagabakama, suô et kataginu nagabakama (kamishimo)

Les kosode non doublés en coton, lin ou ramie, également appelés katabira, tissés à l’aide de fils torsadés à la main et décorés de motifs teints à l’indigo ou de broderies, étaient portés en été par les élégantes aristocrates. Par-dessus, elles revêtaient un uchikake dont elles ceinturaient le haut autour de la taille (à la façon dont nous portons aujourd’hui un pull ou une veste autour de la taille).
À l’opposé de la soie coûteuse et raffinée utilisée par les classes de l’élite, des matières solides et plus grossières issues de fibres végétales (lin, ramie, mûrier, coton, glycine) furent aussi à la base des vêtements du peuple.


De magnifiques kosode furent créés au cours de cette époque ; en voici quelques exemples :
1- Kosode de l’ère Keichô (1596-1615) : les décors asymétriques étaient souvent disposés en diagonale. Les zones teintées étaient irrégulières et les motifs empruntés à la nature dominaient. La complexité inhérente à ce style le limitait à la classe des samurai ou aux chônin (classe des bourgeois) cultivés.

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2- Kosode de l’ère Kanbun (1661-1673): les kimonos se parèrent d’une ornementation hardie qui s’étendait de façon asymétrique des épaules vers le bas droit du vêtement, laissant vierges des espaces entre les motifs. Ces larges zones sans décor n'étaient pas seulement dictées par un but esthétique. En effet, ce style s'est imposé suite aux deux grands incendies d'Edo (1657 et 1661) où beaucoup de citadins perdirent tous leurs biens. Un besoin pressant de vêtements nouveaux s'imposa. Choisir de concentrer les décors sur des espaces réduits nécessitant des techniques difficiles permit une production massive. Le kanbun kosode était le reflet de la nouvelle classe bourgeoise et de ses goûts. Les allusions littéraires médiévales, chinoises et japonaises, faisant référence à un poème ou à une légende furent reprises.

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3- L’ère Genroku (1688-1704) vit naître un style qui persista jusqu’au milieu du 18e siècle. La plus grande partie des motifs apparaissait sur le devant, les épaules et le bas du vêtement. Des objets usuels (chapeaux, clôtures, rideaux, instruments de musique, bateaux…) devinrent des motifs populaires. L’élargissement du obi commença à cette époque et passa de 5 à 20 cm, ce qui coupait les motifs du dos ; on prit donc l’habitude de les diviser et parfois même, on ne décorait plus que la partie inférieure du vêtement, laissant le centre vide.

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4- Yuzen : l’œuvre de Miyazaki Yuzensai influença l’ornementation des kosode à une époque où les teinturiers rivalisaient pour mettre au point des techniques susceptibles d’élargir les perspectives picturales de leur profession. Ce procédé permit d’obtenir des couleurs jamais obtenues avec les techniques précédentes. Ici, on « teignait en peignant » : la teinture était appliquée sur le tissu. Sur les 7 pièces nécessaires à l’assemblage du kimono, on traçait une ébauche à l’encre de Chine qui était reprise à la colle ; on recouvrait le kimono d’une pâte résistante puis on lavait le tout ; la colle se dissolvait et laissait apparaître les traces blanches parmi les parties teintes. La broderie passait ainsi en second plan ; le choix des thèmes s’élargit et les combinaisons devinrent plus complexes.

Par la suite, la coupe du kosode se transforma : il devint plus ample et plus long, de même que les manches.
Les motifs se firent également plus petits et plus précis ; ils n’éclataient plus sur toute la surface du kimono mais étaient regroupés par endroits. Les premiers carnets d’échantillons (hinagata) apparurent avec des motifs de plus en plus variés qui figuraient en association (moineaux et bambous par exemple) ou en relation avec des thèmes imaginaires, tirés de contes ou de poésies japonaises ou chinoises. Sur chaque page, un motif était imprimé en noir et blanc.

Paysans, pêcheurs et citadins portaient au quotidien des vêtements de coton ou de lin. La laine n’était pas encore utilisée et le port de la soie de même que les motifs trop voyants furent interdits par des lois somptuaires (1683, 1689 et 1721) édictées par le gouvernement shôgunal. Seuls les samurai étaient autorisés à porter le habutae (lourd kimono en taffetas).

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Citadins en kosode et haori


DEUXIEME MOITIE DE LA PÉRIODE D’EDO
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De 1750 à 1850, le kimono se simplifia (suite au contexte économique et à la promulgation des lois somptuaires) dans ses motifs et ses techniques, en réaction au plein épanouissement de l’époque Genroku.
À la fin du 18e siècle, les kimonos éblouissants furent délaissés et on leur préféra des motifs plus iki (un concept esthétique mêlant à la fois élégance et sobriété). Le gouvernement shôgunal avait alors promulgué de nouvelles lois somptuaires (1863) interdisant les brocarts d’or, les broderies, certains procédés de teinture etc... Il en résulta un grand changement dans la mode et les techniques d’ornementation.
Les représentations en « tableaux » furent abandonnées au profit de motifs géométriques (rayures, carreaux, originaires de Chine et d’Inde). On laissa apparaître des sous-kimonos plus clairs par l’ouverture des manches et sur le devant, traduisant ainsi une certaine image érotique de la femme.
Le peuple adopta également ces motifs et commença à porter des yukata de coton (blancs aux motifs bleus) très différents des katabira en lin des nobles, également teints à l’indigo sur fond blanc.

MEIJI (1867 - 1912) : du vêtement japonais au vêtement occidental
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Au début de l’ère Meiji, tout le monde fut autorisé à porter de la soie. La demande et la production se firent massives. Le kimono était encore prédominant mais, avec l’introduction des coutumes occidentales, il perdit peu à peu du terrain ; néanmoins, le mélange des styles japonais et occidental où cohabitaient haori (veste), hakama, chapeaux et chaussures perdura pendant quelque temps.
Le gouvernement encouragea le peuple à adopter les uniformes de style occidental. Militaires, policiers et autres fonctionnaires furent contraints par la loi de se mettre à cette nouvelle mode. Ceci déclencha un élan particulièrement fort vers les grands changements qui se produisirent dans l’habillement japonais.
Ce mélange des styles japonais et occidental est encore adopté de nos jours par certaines jeunes filles quand elles assistent à la cérémonie de remise de diplômes à l’université (kimono, hakama et bottines).

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TAISHÔ (1912 - 1926)
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Durant la période de Taishô, les kimonos étaient portés par les femmes de classe moyenne dans les villes et les campagnes. Motifs et coloris étaient innombrables. Influence occidentale et tradition japonaise se développèrent dans un contexte florissant. Les motifs des kimonos acquirent alors un air occidental et moderne. Autrefois minuscules et répétitifs, ils furent remplacés par des formes dynamiques (style art déco dans la symétrie et la ligne) et connurent une vogue sans précédent.
Mais peu à peu, le vêtement occidental remplaça le kimono chez les citadines.

Jusqu'au début du 20e siècle, les kimonos se partageaient en deux grands groupes selon que les motifs occupaient toute la surface du vêtement ou uniquement le bas. Aussi fallait-il être assez habile pour ne pas être trop voyante ou trop sobre dans sa tenue. Peu à peu, avec le changement des habitudes, les femmes réclamèrent des kimonos plus faciles à porter au quotidien, lors de leurs sorties et de leurs divertissements. Le grand magasin Mitsukoshi fut le premier à mettre en vente le style hômonfuku (qui devint le hômongi): moins voyant que le furisode (kimono de cérémonie à longues manches) et plus élégant que le kimono ordinaire. Le succès fut immédiat et la mode était lancée. A cette époque, aucune terminologie particulière ne lui étant attribuée, des expressions comme «vêtement pour sortir» ou puromunâdo (promenade) étaient couramment utilisées.

SHÔWA (1926 - 1989)
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Le kimono n'est plus guère porté de nos jours.
Il est réservé aux personnes d’un certain âge habituées à le revêtir depuis leur jeunesse, aux serveuses de restaurants traditionnels ou aux enseignants et pratiquants d’un art traditionnel comme la danse japonaise, la cérémonie du thé ou l’arrangement floral. Il convient aussi particulièrement aux occasions exceptionnelles ou saisonnières (Nouvel an, fêtes traditionnelles estivales, remise des diplômes universitaires, cérémonie de la majorité à l’âge de 20 ans ou mariage). En pareilles occasions, les petites filles et les jeunes femmes célibataires portent le furisode (un kimono pourvu de longues manches aux motifs colorés et voyants).
Comparé à la tenue occidentale, le kimono est difficile à porter et ne se prête pas aux activités physiques ; c’est pourquoi il a quasiment disparu en qualité de vêtement pour la vie pratique de tous les jours.


HEISEI (1989 - )
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Le kimono a fait un retour en force ces dernières années auprès des jeunes générations qui l’accessoirisent parfois avec beaucoup d'humour et de créativité.

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