PROCÉDÉS DE TEINTURE ET DE TISSAGE
❚ TSUMUGI
Le kimono en tsumugi (pongé de soie) fait partie de la catégorie des kimonos dits "tissés" (orimono), qui sous-entend que le fil de soie a été teint avant d'être tissé (il existe cependant des exceptions), contrairement aux kimonos confectionnés à partir d'un tissu blanc, teint par la suite (komon, hômongi...). Les motifs se profilent dans une continuité ininterrompue par les coutures. Les adeptes de ce genre de tissus sont de vrais connaisseurs.
Durant l'époque d'Edo (1603-1867), les différentes classes sociales étaient soumises à des règles sévères jusque dans la façon de se vêtir. En effet, la soie était réservée à la noblesse et aux guerriers. Cependant, les sériciculteurs se mirent à fabriquer pour leur propre usage, des tissus à partir de fils de soie de qualité moyenne, impossibles à commercialiser. Ces tissus qui laissaient apparaître des irrégularités à leur surface et qui ne ressemblaient en rien à de la soie (mais plutôt à du coton) furent alors très prisés par les classes inférieures (marchands, bourgeois) qui, grâce à cette ingéniosité, eurent alors la possibilité de porter en toute tranquillité un matériau qui leur était interdit.
De nos jours, le kimono en tsumugi est considéré comme un vêtement ordinaire puisqu'il est fortement déconseillé de le porter lors d'un événement officiel, d'une cérémonie du thé ou d'une soirée (exception faite toutefois pour le tsumugi uni à un blason).
On distingue trois catégories de kimono en tsumugi :
a) les étoffes les plus raffinées et les plus luxueuses où se découpent des motifs traditionnels et pour lesquelles filage et tissage (environ 11 m) effectués à la main nécessitent plusieurs mois de travail comme le Yuki tsumugi, Oshima tsumugi ..., du nom de leur région d'origine. Ces techniques traditionnelles ont acquis une grande valeur et de tels kimonos sont devenus très prisés. Les prix ici atteignent ceux des vêtements de haute-couture.
b) les tissus à l’aspect plus grossier et plus irrégulier (dû aux imperfections du fil de soie) et dont les motifs sont dominés par les rayures et les carreaux. Ces caractéristiques en font un vêtement facile à porter et élégant: Yonezawa tsumugi, Ueda tsumugi....
c) les tsumugi unis ornés d'un blason et autrefois exclusivement réservés aux personnes d'un certain âge sont actuellement très appréciés des plus jeunes en raison de leur côté pratique.
❚ TSUKESAGE
Ce kimono est parfois difficile à distinguer du hômongi qu’il peut remplacer mais il convient également à l'occasion d'événements moins conventionnels (là où le hômongi serait trop habillé). De plus, la sobriété des couleurs en font un "must" des participantes à la cérémonie du thé.
Les motifs, parfois absents au niveau de l'encolure, restent plus discrets et n'offrent pas cette unité harmonieuse ininterrompue sur toute la surface comme c'est le cas pour le hômongi (voir plus bas). Les motifs de l'ensemble sont tous orientés dans le même sens, à partir du bas du vêtement, vers les épaules (autrement dit les motifs situés à l'avant et à l'arrière du kimono regardent toujours vers le haut et ne sont jamais renversés, même chose pour les manches). Pour ce faire, les motifs ne sont pas teints une fois le montage du kimono (blanc) terminé comme pour le hômongi. Ici, les thèmes décoratifs sont reportés sur le tissu avant le montage du vêtement. Ils sont également conçus et dessinés de façon à ne pas être entravés par les coutures.
Ce vêtement fut imaginé au cours de la seconde guerre mondiale afin de remplacer le hômongi, alors trop luxueux et trop voyant. Sa popularité ne s’est pas démentie par la suite.
❚ IROMUJI
De couleur unie souvent discrète et sans aucun motif, le tissu du iromuji peut être un tsumugi, un chirimen (crêpe) ou un satin traitée à la façon d'un damas (rinzu). Cette sobriété le rend très pratique et il reste un élément basique de la garde-robe d'une pratiquante (mariée ou pas) de la cérémonie du thé par exemple .
Ce kimono se distingua après la seconde guerre mondiale avec les changements de la société japonaise et notamment ceux du système éducatif. En effet, nombreuses furent les mères qui l'adoptèrent pour assister aux cérémonies d'entrée aux écoles ou de remise de diplômes.
La présence de blasons familiaux (1, 3 ou 5) brodés ou teints est fréquente et lui confère un statut plus ou moins officiel. La présence de 3 ou 5 blasons (kamon) l'élève au rang du irotomesode. En revanche, si un iromuji ou un hômongi arborent un blason unique, c’est le hômongi qui sera plus habillé.
Les iromuji les plus couramment portés ne comporte qu'un seul blason. S'il est de couleur noire et unie, orné de 5 emblèmes, il peut également convenir à l'occasion de funérailles (en dehors de proches parents).
❚ KOMON
Ici, les motif sont teints à la main ou au pochoir (katagami), le plus souvent. Ils sont de petite taille et répétés régulièrement sur toute la surface du vêtement (les éléments géométriques des dessins sont parfois si petits et réguliers que, vus à une distance de 2 ou 3 mètres, le tissu semble être uni).
Ce type de kimono est très pratique et se porte aisément au quotidien. En effet, le choix des accessoires et du obi est plus aisé et moins strict que dans le cas des autres kimonos plus habillés où tout est codifié selon des règles précises. Il laisse ainsi une plus grande place à l'imagination. Rehaussé d’un élégant obi et d'accessoires judicieusement choisis qui ajouteront une touche originale à l'ensemble, il est parfait pour une sortie, une réunion amicale ou une soirée théâtrale. Un élégant komon bien accessoirisé vaut amplement un iromuji.
Les techniques de teinture sont nombreuses et offrent une gamme variée (Edo komon, Kaga komon, Kyôkomon, bingata, sarasagata, rôketsuzome, shiborizome...).
A l'origine, les motifs edokomon figuraient sur les vêtements des guerriers (kamishimo), et représentaient le fief auquel ils appartenaient, facilitant ainsi leur identification.
À partir de la moitié de la période d'Edo (1603-1868), les kimono et les haori de type komon devinrent très à la mode parmi les gens du peuple et la diversité des dessins et motifs s'amplifia (plantes et animaux stylisés, éléments porte-bonheur, compositions donnant lieu à des jeux de mots...).
❚ YÛZEN

Yûzen est une méthode de teinture unique au Japon et mise au point par Miyazaki Yûzen durant l’ère Genroku (1688-1704).
❚ KIHACHIJÔ
Cette étoffe de soie tsumugi a la particularité d’être teinte en jaune (teinture végétale obtenue à partir de la plante kariyasu qui pousse en abondance sur l’île de Hachijô). Le tissu peut-être uni, rayé ou à carreaux.
❚ YUKATA
(voir "Le yukata")
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