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Dès la fin du 15e siècle, le kosode devint le vêtement porté par toutes les classes de la société, hommes et femmes confondus (avec une exception toutefois pour les bushi qui, à l'occasion d'événements officiels continuaient à arborer des vêtements à manches larges, ôsode). Le kosode acquit à cette époque sa forme presque définitive avec peu de différences dans sa version féminine et masculine. En revanche, d'autres facteurs comme les matières, les motifs et les divers éléments décoratifs engendreront des styles particuliers en fonction des époques.
La plus grande particularité des costumes de cette époque réside dans l'utilisation des techniques ornementales suivantes:
- tie and dye/ nouer-lier-teindre (shiborizome)
- surihaku (applications de feuilles d'or et d'argent sur le tissu)
- nuihaku (association de broderies et surihaku)
- tsujigahana (technique tinctoriale consistant à reproduire des motifs picturaux et qui associait tie and dye, surihaku, application de coloris, motifs tracés).
Nuihaku (Tôkyô National Museum)
Surihaku (Tôkyô
National Museum)
Nuihaku (fleurs, herbes, tanzaku et petit pont, Tôkyô
National Museum)
Tsujigahana (Musée Tokugawa)
Karaori, fleurs de chrysanthèmes et motifs en hexagones
(Musée Hayashihara)
Surihaku (fleurs de cerisiers, musée Hayashihara, Okayama)
Nuihaku (feuilles de roseaux recouvertes de neige et
oiseaux, Musée d'Okayama)
Karaori (motif rayé avec fleurs de chrysanthèmes et
arabesques, Musée d'Okayama)
Karaori
(costume de nô, fleurs de camélia)

Tsujigahana (pièce et détails)
Les
kosode
de cette période présentent
une grande originalité quant au choix des motifs et à leur
répartition sur la surface du vêtement. Si l'on compare
avec les périodes précédentes, il apparaît clairement que
la variété de ces motifs et la complexité des associations
n'ont cessé de se développer. Les motifs floraux
(chrysanthème, paulownia, saule, glycine, prunier,
cerisier...), les motifs animaliers (phoenix, papillon,
oiseaux...) ou les figures géométriques sont disposés en
combinaisons très libres et spontanées, selon les
préférences de l'époque, pour le seul plaisir des yeux.
Cette conception esthétique s'oppose fondamentalement avec
les critères de la période d'Edo où les motifs choisis font
souvent allusion à des références littéraires ou poétiques.
Cependant, ces motifs associés avec tant de liberté sont
délimités dans des zones définies: épaules et bas du
vêtement, motifs différents sur les deux moitiés du
kosode, associations de plusieurs «cadres»
incluant des motifs variés...
Cette répartition originale des motifs va disparaître au
début du 17e siècle pour laisser place à une nouvelle
approche. Les motifs vont se répartir alors sans
interruption sur toute la surface du vêtement.
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