LE DÉBUT DE LA PÉRIODE D'EDO (1603-1868)
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LES KOSODE FÉMININS DE LA CLASSE GUERRIÈRE - KEICHÔ KOSODE
Les kosode de l'époque Keichô (1596-1615) furent très à la mode parmi les femmes de la classe guerrière.
Confectionnés surtout dans des satins, ils étaient ornés, sur toute la surface, de motifs réalisés à l'aide de techniques variées (surihaku, shibori, broderies) à tel point que le tissu d'origine n'était même plus visible. Les couleurs dominantes étaient le noir, le rouge et le blanc. Ces kosode étaient également surnommés nuihaku kosode.
Comparés aux kosode de l'époque précédente, la longueur des manches augmenta légèrement et la structure des motifs, mêlant dans un joyeux désordre courbes, lignes droites, formes géométriques variées, motifs animaliers et floraux, objets du quotidien brodés..., se complexifia jusqu'à devenir abstraite.
Ces parures luxueuses furent également portées par les épouses de riches commerçants et par la suite, par les courtisanes des quartiers de plaisirs de Kyôto dès le milieu du 17e siècle. Pour les femmes de la classe marchande, les occasions d'arborer de tels vêtements étaient exceptionnelles (si elles officiaient comme servantes dans les résidences de bushi de haut rang, elles pouvaient se voir offrir un tel kosode par leur employeur et ainsi, l' arboraient lors cérémonies de mariage ou de sorties exceptionnelles).
Ce style de kosode persista jusque dans les années de l'ère Kanbun (1661-73), avec quelques modifications.


LES KOSODE
FÉMININS DE LA CLASSE BOURGEOISE
Presque à la même époque, les kosode en vogue
auprès des femmes de la classe marchande s'inspiraient
ouvertement des "Keichô kosode". La grande
différence résidait dans les techniques employées. Ici, les
teintures shibori et l'utilisation du dessin tracé
(tsujigahana) déterminaient des motifs aux traits
plus libres et plus hardis.

Les femmes de le classe
bourgeoise, qui rêvaient de posséder et de revêtir les
luxueux Keichô kosode, se sont tournées vers
un genre nouveau, peut-être influencées par une mode
originale et réservée alors à un groupe restreint
regroupant courtisanes et kabukimono. Ces
rônin se caractérisaient par un comportement
extravagant, voire violent, et une tenue vestimentaire
originale et excentrique qui attirait le regard et leur
permettait de s'affirmer dans une société où ils n'avaient
pas de statut bien défini. Les motifs qui ornaient leurs
kosode étaient réalisés par des teintures de type
shibori.

Shibori

Jeunes
extravagants du début de la période
d'Edo
LES KOSODE DE L'ÈRE KANBUN
Ces deux formes de kosode continuèrent à être
portées et à s'influencer mutuellement pendant plusieurs
décennies pour finalement ne faire plus qu'un et aboutir
aux kosode de l'ère Kanbun (1661-73).
Les motifs originaux et dynamiques des Kanbun
kosode étaient obtenus par teintures shibori,
broderies, dessins tracés et surihaku par
endroits. Ils commençaient sur l'épaule gauche pour finir
vers l'ourlet du côté droit en formant une courbe arrondie
(il existait également des modèles où les motifs partaient
de l'épaule droite). Les représentations étaient très
variées mais n'occupaient pas toute la surface: flore,
faune, objets du quotidien, kanji. Nombreuses
étaient les allusions littéraires pour l'interprétation
desquelles une solide connaissance des classiques était
nécessaire.
La mode des Kanbun kosode se poursuivra jusqu'à la
fin du 17e siècle pour faire place à un nouveau
style.
Fleurs de
chrysanthèmes et cours d'eau

Feuilles
d'érable ornées de petites fleurs

Les
kosode ornés de cadres furent très populaires au début de
la période d'Edo
Fleurs de
chrysanthèmes, roues de char et filets de pêche mis à
sécher
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