L'ère historique japonaise commença longtemps après celle de ses voisins coréens et chinois. Pendant cette période kofun (250-538), la cour du Yamato se mit à entretenir des relations officielles avec la Chine afin de s'ouvrir aux techniques et à la culture continentale dont elle mesurait l'importance. Des chefs se distinguent déjà et leurs descendants formeront les grands clans (uji) qui se partageront les grandes tâches religieuses et militaires.
La cour s'intéressa particulièrement au bouddhisme qui lui apparaissait comme un moyen nouveau d'affermir son pouvoir. Son adoption vers 552 symbolise l'ouverture du Japon au continent et inaugure des changements fondamentaux touchant à tous les domaines de la vie. Ces contacts avec la Chine et les royaumes de Corée influencèrent et transformèrent considérablement les coutumes locales (
adoption officielle de l'écriture en 405, début d'un état organisé) et la manière de se vêtir.

Les trois grandes innovations du 3e siècle sont l'introduction de la riziculture irriguée, du métal (outils agricoles, armement) et du cheval.
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PÉRIODE DES GRANDES TOMBES KOFUN ET INFLUENCE CHINOISE
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Les habitants de l'archipel sont nommés Wa (gens de petite taille, en chinois) dans les textes continentaux qui mentionnent aussi de nombreux petits états qui se battent entre eux. Les Wa cultivent le riz et le chanvre et élèvent des vers à soie.
Dans une chronique chinoise du 3e siècle se rapportant au Japon (
Gishi wajinden), il est rapporté que les hommes de la période précédente de Yayoi (-400 à 250) se drapaient dans des rectangles de tissu (ôgesa) qu'ils nouaient simplement sur le devant alors que les femmes portaient des robes qui ressemblaient à de longs poncho ou longues chasubles kantô-i fermées par une ceinture. Les fibres végétales grossières telles que le chanvre et le ramie étaient utilisées par les classes les plus pauvres qui les tissaient. Ils marchaient pieds nus et portaient des marques de tatouage sur le visage.
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Marques rouges de tatouage sur le visage et un reste de collier sont encore visibles.

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Femme en grande tenue

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Les techniques de tissage (soie, lin) ont été importées de Chine. À gauche, une reconstitution de costumes formels de la classe supérieure de l'époque de Yayoi à partir de fragments de tissages retrouvés lors de fouilles. Portés notamment lors de rituels religieux. La teinture rouge a été obtenue à partir de la garance (
akane).
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Selon le Nihon-shoki, les haniwa, de petites statuettes de terre sont placées autour des tombeaux impériaux formant des barrières protectrices. Certains costumes rappellent ceux des peuples cavaliers du nord de la Corée mais parmi les représentations humaines, on y voit aussi des guerriers en armure de fer ou de cuir, des chasseurs, des dames de la cour en jupes ornées parfois jouant d'un instrument de musique, danseuses…
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Servantes de sanctuaires ou jeunes filles destinées à servir une divinité. Les détails de leurs ornements et vêtements façonnés dans l'argile sont reconnaissables: colliers, cordelettes (
tasuki) pour remonter leurs manches, veste et jupe mo plissée en dessous et ceinture.
L'ÉTAT DE YAMATO
Du milieu du 3e siècle à la fin du 4e siècle, il n'existe aucun témoignage sur ce qui se passe dans l'archipel. Quand on dispose de nouvelles inscriptions ou de textes, la place centrale est tenue par l'état du Yamato dans la région du Kinai. La cour de Yamato ne gouvernait pas directement mais recevait des grands clans locaux la reconnaissance de sa supériorité.
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Les hommes portaient une veste kinu à manches longues et étroites associée à un mo (une sorte de pagne ou de jupe) avec un hakama en dessous, porté assez large et resserré sous les genoux par une cordelette (ayui) qui pouvait être garnie de grelots. Une ceinture longue rayée shizuri maintient l'ensemble fermé. Des accessoires en pierre ornent les poignets et le cou. L'ensemble coloré constituait le kinu hakama et il ne fait aucun doute qu'il existait de nombreuses variantes relatives au rang social.
La coiffure mizura est caractéristique de l'époque. Pendant la période de Heian, elle sera réservée aux jeunes enfants.
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Le costume kinu-mo des femmes se composait d'une veste courte fermée côté gauche devant et d'une jupe longue doublée (mo). Les teintures et les tissages étaient en fibres végétales (lin, glycine, marante…). Une longue et fine étole (hire) rehaussait l'ensemble.
(Reconstitution de costumes par le Kyôto someori bunka kyôkai)
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Le modèle de cette armure (keikô) a été importée de Chine et de Corée. Le matériau de base (kozane), était à l'origine un assemblage de petites plaques fer ou de bronze attachées entre elles avec du cuir et des cordons. Le casque de type mabisashi tsuki kabuto était muni d'une sorte de visière de protection.
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L'uniforme des généraux et des guerriers de haut rang de l'antiquité consistait en un vêtement long kinu et un hakama resserré aux genoux et sur lesquels ils passaient une armure tanko, autrefois appelée kawara, qui protégeait le haut du corps. Les petites plaques métalliques étaient reliées entre elles par des rivets, des lacets de cuir…
Ce style perdurera jusqu'au début du 9e siècle.
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Les petites plaques métalliques étaient reliées entre elles par des rivets, des lacets de cuir… Ce style perdurera jusqu'au début du 9e siècle.
La cour du Yamato connaît des troubles importants au 6e siècle causés par des rivalités et des querelles au sein des grands clans. Les Soga qui ont joué un rôle important à la cour en sortent vainqueurs. Considérés comme protecteurs des immigrés chinois et coréens porteurs de techniques nouvelles, ils favorisent l'introduction de la civilisation chinoise et l'imitation de ses institutions, conférant ainsi à la cour du Yamato une supériorité indéniable sur les autres clans. A cette époque, des colonies entières d'artisans coréens arrivèrent au Japon où les chefs de clans, conscients des progrès qu'ils avaient à faire, encouragèrent leurs talents. Dans un climat de manoeuvres politiques, ces talents importés représentaient un accroissement de pouvoir. Ces groupes d'artisans spécialisés au service de la cour et des clans (forgerons, tisserands, fabricants de brocarts, potiers, fabricants de joyaux, éleveurs…), qui s'étaient constitués en des sortes de guildes complexes et hiérarchisées, constituaient une nouveauté.
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