"Aujourd'hui, il était environ une heure quand un homme a appelé de l'entrée. Quand je suis allée voir qui c'était, je me suis trouvée devant un étudiant au visage rond qui portait un haori imprimé et un hakama à raies blanches. J'ai pensé que c'était encore un étudiant qui t'apportait quelque manuscrit, mais il m'a demandé si mademoiselle Yokoyama était là".
Tayama Katai, "Futon".


Le hakama est une sorte de jupe-culotte plissée, portée de nos jours par les hommes et occasionnellement par les femmes, à l'occasion de cérémonies officielles spéciales (mariage, funérailles, remise de diplôme). Dans ce cas, il s'agit du kuro montsuki-hakama qui est la tenue masculine la plus officielle, réservée aux événements exceptionnels. Elle se compose d'un ensemble haori et kimono noirs en taffetas ornés de cinq blasons (kamon) identiques et d'un hakama en soie rayé.
Actuellement, on distingue deux types de
hakama: le umanori-bakama qui comporte un entrejambe et ressemble à une jupe-culotte (qui permettait notamment de monter à cheval) et le andon-bakama, sans entrejambe qui évoque plutôt une large jupe plissée.
L'histoire du hakama est ancienne. Le terme haka signifie "porter une ceinture en-dessous de la taille" et le mot ma signifie porter un pagne. Hakama désignait à l'origine un tissu enroulé autour de la taille et porté par-dessus le vêtement de dessus.
GÉNÉRALITÉS
LES CHANGEMENTS DE FORME
Les
hakama d'aujourd'hui sont essentiellement constitués de dix pièces de tissu. Cependant, les hakama les plus primitifs de l'archipel japonais et de Taïwan ne comportaient que deux pièces de tissu. Cette augmentation du nombre de pièces est peut être considérée comme l'un des plus grands changements du hakama.
À l'origine, le vêtement ne comportait que deux pièces à l'avant reliées entre elles et fixées à la ceinture, qui devait ressembler au
mukabaki porté par les tireurs à l'arc de yabusame.
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Yabusame

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Yama-bakama

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Sashi-nuki

Il existait de nombreux types de structures à deux pans. Dans certains cas, le tissu était enroulé autour de la jambe et attaché avec une ficelle comme une jambière et dans d'autres, le tissu était cousu sur un bord pour pouvoir insérer la jambe comme pour un pantalon.
Lorsque la partie dorsale est rajoutée, le
hakama commence à ressembler à un pantalon ou au yama-bakama. La longueur évoluera selon les époques. Le yama-bakama était porté par les agriculteurs des zones rurales lorsqu'ils travaillaient (la terminologie varie selon les régions). Ils se caractérisent par un assemblage de 4 bandes, d'un gousset et sont plus étroits au niveau de l'ourlet. Cette forme semblait être la plus courante car on la retrouve aussi bien sur les statuettes haniwa que parmi les objets précieux du Shôso-in. Les hakama de l'époque de Heian également (omote-hakama et ôguchi) sont structurés de la même manière. Plus tard, le omote-hakama fut remplacé par le sashi-nuki à 6 panneaux, conçu pour améliorer la mobilité.

Au début de la période Edo (1603-1868), les
hakama de huit à huit pans et demi furent privilégiés, pour finalement aboutir aux hakama à 10 pans. Cette augmentation était peut être due à la présence de motifs plus sophistiqués ou tout simplement au changement de largeur des rouleaux de tissu, devenus plus étroits (un shaku, environ 30 cm).
La forme du gousset (
machi) au niveau de l'entrejambe a également évolué et s'est agrandie.
Le changement le plus significatif du
hakama entre le Moyen-âge et le début de la période moderne se situe dans les modifications de la ceinture: il s'agit du rajout d'une fine planchette (koshi-ita) composée de papier épais et de tissu fixée à l'arrière de la taille (1492-1501) et du rétrécissement de la largeur de la ceinture.
Une autre transformation concerne les plis dont le nombre et la forme ont changé en fonction du nombre de panneaux de tissu mais aussi de la mode.
LES DIFFÉRENTES SORTES DE HAKAMA
● Longueur: on distingue les
han-bakama qui ont la même longueur que les kimonos et les naga-bakama qui sont plus longs.
● Forme de l'ourlet: l'ourlet peut être coupé de trois façons:
-
kiri-bakama: le hakama descend jusqu'à la cheville et l'ourlet n'est pas resserré. C'est la forme de hakama utilisée aujourd'hui qui se porte avec un kimono.
- kukuri-bakama dont le plus courant est le sashi-nuki, resserré par un cordon au niveau de l'ourlet. Leur utilisation étaient très diverses, allant de la tenue du quotidien à la tenue officielle.
-
nagahakama: très long, il se porte en marchant sur l'ourlet (kamishimo-bakama) et a commencé à être porté comme tenue officielle au début de la période moderne.
-
tattsuke-hakama: il date de la fin du moyen-âge et du début de la période moderne. Étroit à partir du genou, il a été conçu pour plus de mobilité. À l'origine, il était utilisé pour les voyages par de nombreux samouraïs, puis fut utilisé comme vêtement de chasse et de combat. La partie inférieure ressemble plus à des guêtres. Plus tard il devint un vêtement de travail pour les colporteurs et les agriculteurs (1716-36). De nos jours, il est aussi utilisé par les lutteurs de sumo.
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LES PRINCIPAUX HAKAMA

HAKAMA FORMELS

● le
omote-bakama, appelé à l'origine shiraki-hakama. Blanc et doublé de tissu rouge, il se portait par-dessus un hakama rouge (ôguchi) avec le sokutai ou d'autres tenues officielles par les hommes de la cour de Heian (voir plus bas). C'est un kiri-hakama à quatre panneaux de tissu qui comporte un gousset de forme particulière sur le devant (kaeri-machi). Les plis sont resserrés à la taille et ne descendent pas jusqu'à l'ourlet.

● le
ôguchi-hakama (rouge) se porte sous le omote-bakama avec une tenue officielle. C'est un hakama court (kiri-hakama) composé de quatre panneaux dont l'ourlet n'est pas serré (d'où son nom ôguchi, grande ouverture). L'unique ceinture se noue sur le côté et les plis sont pincés au niveau de la taille.

● le
sashi-nuki: c'est un long hakama composé de huit pièces de tissu et resserré au niveau de l'ourlet. Il est très ample et les plis descendent jusqu'en bas. Il remplace les deux hakama précédents et se porte avec des tenues officielles (ikan, kari-ginu…). Il se porte par dessus le shimo-hakama, de forme identique mais pas resserré en bas. Le sashi-nuki est également appelé nu-bakama (奴袴), car il était fabriqué dans le style des hakama portés par les classes sociales inférieures (le kanji signifiant entre autre serviteur, valet, esclave…). Au début, ils étaient en tissu blanc et appelés hôgo mais avec l'utilisation des tissus sergés (robustes et résistants), ils ont pris le nom de sashi-nuki (voir plus bas).

● le
kari-bakama et le suikan-bakama qui sont portés avec leur tenue respectives, le kari-ginu (un "costume pour la chasse" qui était la tenue habituelle des fonctionnaires civils et militaires à la cour) et le suikan (d'abord réservés aux fonctionnaires sans rang et aux gens du commun, il fut communément utilisé par les nobles et les guerriers pendant la période de Kamakura).
À la différence du
sashi-nuki, ils ne comportent que six panneaux de tissu pour faciliter les mouvements. La particularité du suikan-bakama, ce sont les kiku-toji de chaque côté du hakama, des liens tressés qui empêchaient les coutures de se défaire et qui pouvaient former une houppe en forme de chrysanthème (kiku). Plus tard, ils sont devenus des éléments décoratifs.

● le
ko-bakama: porté à l'origine par les roturiers, il sera adopté plus tard par les guerriers et les nobles.
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Suikan-bakama

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Kari-bakama

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Ko-bakama

AUTRES HAKAMA
● le
yoroi-hitatare hakama: il s'agit quasiment du même ko-hakama que celui porté avec le hitatare mais plus court pour pouvoir s'adapter à l'armure gusoku.

● le
yono-bakama ressemble à un pantalon court. Composé de quatre largeurs de tissu, il descend jusqu'aux genoux. Porté surtout par les serviteurs de samourai de rang inférieur et les paysans mais étonnament aussi par les guerriers. Certaines versions plus luxueuses ont des kiku-toji en cuir (liens de fermeture) sur les côtés.

● le
karusan (軽杉) est d'origine portugaise et signifie pantalon (puis donnera caleçon). Il s'agit d'un hakama dont la forme aurait été influencée par les vêtements occidentaux des Portugais. Très en vogue, confortable et pratique, il était porté par tous dès la fin du Moyen-âge, du samourai de haut rang aux gens ordinaires. À l'époque d'Edo (1603-1868), il était surtout utilisé comme tenue de voyage, et plus tard comme vêtement de travail par les gens du peuple. Les plis descendent très bas et l'ourlet est resserré.

● le hira-bakama: durant l'ère Kyoho (1716-1736), un nouveau style de hakama apparaît. Le kataginu sans manches et le hakama sont portés par-dessus le kosode. Il s'agissait d'un costume officiel pour les samouraïs de la période Edo, qui était porté pour se rendre au château. Normalement, le kata-ginu (haut) et le hakama sont faits du même tissu. Les blasons sont placés dans le dos, sur la poitrine de la partie supérieure aux larges épaules et sur la ceinture du hakama. Les hakama qui arrivaient à la cheville et n'avaient pas de lien à l'ourlet et étaient appelés han-hakama ou hira-hakama. Pour une tenue plus formelle, on porte parfois un long hakama avec un ourlet traînant, qui est appelé nagakamishimo lorsqu'il est porté avec le haut à épaulettes. Vers le milieu du 18e siècle, la hauteur de l'entrejambe du hakama est abaissée afin de pouvoir porter un long kosode en dessous. Ce style fut d'abord adopté par les citadins et plus tard par la classe des guerriers.
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Yono-bakama

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Yono-bakama

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Karusan

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Hira-bakama

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Hira-bakama

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Hira-bakama

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Yoroi-hitatare-hakama

● le machi-daka-bakama (umanori-bakama): la partie centrale du dos qui descend jusqu'à l'entrejambe (gousset) est longue, ce qui permet de se mouvoir aisément. Souvent utilisé par les cavaliers.
Machi-daka-bakama, nobakama et umanori-bakama sont tous trois dérivés du hira-bakama. Appelés aussi zashiki-bakama, ces sont les hakama les plus communément portés actuellement.
Les
no-bakama sont des hakama de voyage. Certaines sont ornés d'un ourlet en velours noir. La hauteur du gousset est variable.
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Machi-daka-bakama

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No-bakama

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Umanori-bakama

● le fun-gomi hakama (suso-hosoi hakama): une variante du no-bakama avec un ourlet étroit. Les hakama étroits étaient utilisés depuis longtemps, mais ceux qui portent ce nom ont été fabriqués pour la première fois pendant la période Edo (1603-1868) et sont devenus populaires pendant l'ère Genbun (1736-1741). Ils amélioraient considérablement la mobilité et protégeaient aussi du froid. De plus, il était plus facile d'enrouler le bas du kimono autour des jambes. Il ressemblait beaucoup au yama-bakama. La terminologie était nombreuse pour un même type de hakama.

● le
andon-bakama: ressemble à une jupe plissée, sans entrejambe. Utilisation récente.

● le yama-bakama: terme général pour désigner les vêtements d'extérieur, par opposition aux zashiki-bakama. Il existe plusieurs noms et formes: tattsuke, karusan, monpe, fun-gomi…
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Fungomi-bakama

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Fungomi-bakama

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Monpe


MOMOHIKI
Le momohiki est un vêtement japonais traditionnel qui ressemble à un pantalon étroit qui couvre de la taille aux chevilles. Une cordelette à la taille maintient l'ensemble.
Il semblerait que la forme soit inspirée du
karusan, introduit du Portugal à l'époque Azuchi-Momoyama. Apparaît sur des rouleaux peints vers le milieu du 15e siècle.
À l'époque Edo (1603-1868), il devient de plus en plus populaire (1751-61) et remplace peu à peu le
hakama et le karusan comme vêtement de travail des artisans, avec la chemise koi-kuchi (également appelée dabo-shirt) et le plastron appelé donburi, des paysans et pour les travaux en montagne.
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On note des différences régionales entre Edo et la région de Kamigata (Kyôto): à Edo, ceux en coton ou en crêpe de soie sont appelés patchi et ceux en coton, momohiki. Dans l'ouest du Japon, la matière importe peu, c'est la longueur qui compte. Les longs sont les patchi et les courts, pratiques lors des déplacements sont les momohiki. Actuellement, ils sont le plus souvent monochrome, teint à l'indigo ou blanchi mais pendant les années Edo, ils étaient ornés de motifs dans plusieurs coloris en fonction de la mode de l'époque ou du statut social de celui qui le portait.
*Le mot "patch" proviendrait du mot coréen hakama, "patch", ou du mot anglais "pants"
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LES DÉBUTS
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L'origine du hakama n'est guère précise mais selon les écrits anciens (Nihonshoki) et les découvertes archéologiques, il semblerait que l'usage du pagne remonte à la période Kofun où de nombreux exemples ont été mis au jour dans plusieurs régions du Japon.
Au cours des 5e et 6e siècles, comme on peut l'observer à partir des figurines
haniwa (à gauche, un guerrier en tenue adaptée pour le froid et l'équitation), le vêtement japonais masculin officiel (kinubakama) se composait de deux parties, une veste (kinu) fermée par une cordelette sur le côté et un hakama qui ressemblait alors à un pantalon ample resserré en dessous du genou par un lien noué autour de la jambe pour sortir (au centre, un personnage officiel: ici, le pantalon se porte large). La tenue des femmes consistait en une veste resserrée à la taille par une ceinture et une jupe longue plissée () à la place du hakama (kinumô). Le hakama était alors réservé aux hommes.
PÉRIODE D'ASUKA-NARA
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Plus tard, durant les périodes d’Asuka et de Nara (7e-8e siècle), alors que le Japon était sous influence chinoise, la noblesse adopta de longues robes de cour d’inspiration continentale () qui descendaient jusqu’au-dessous du genou, recouvrant ainsi plus de la moitié d'un hakama blanc devenu plus étroit. Il existait alors deux types de hakama: le type pantalon (d) et le type monpe (g) dans lequel un cordon était enfilé dans l'ourlet pour resserrer le bas. La mode est alors directement inspirée du style de la cour des Tang. Le hakama est porté à la cour par les officiels, les fonctionnaires et les nobles pour les cérémonies diverses de la journée. Le hakama est blanc et seule la partie inférieure est visible.
PÉRIODE DE HEIAN (794-1195)
Les habitudes vestimentaires du début de la période de Heian (794-1185) restent assez floues et il semblerait que les coutumes des années précédentes se soient poursuivies jusqu'au début du 10e siècle. Certains vestiges du style Tang subsistent, comme l'utilisation de hakama en forme de pantalon et de ceintures en cuir. Lors des cérémonies officielles, les hommes des familles nobles portaient sous leurs tenues officielles (comme le sokutai), deux hakama superposés: un hakama extérieur blanc (ue no hakama) et un hakama inférieur rouge (aka no ôguchi) pourvu d'une large ouverture (ôguchi) sur un côté.
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Le ôguchi inférieur pouvait varier sensiblement selon la tenue (sokutai, hitatare…). Il descendait jusqu'aux chevilles et n'était pas resserré au niveau de l'ourlet. La ceinture se nouait sur le côté droit. Il était pourvu d'un soufflet au niveau de l'entrejambe et de quelques plis sur la partie supérieure seulement. La nuance est plus sombre pour les hommes jeunes, alors que les hommes plus âgés portent le ôguchi blanc.
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Le ue no hakama, est un hakama blanc (表袴), qui se superpose au ôguchi-hakama. Il est également porté depuis le milieu des années Heian sous une tenue officielle. Les deux côtés ne sont pas cousus en haut et la ceinture se noue sur la droite. Les motifs du tissage sont codifiés selon les statuts et l'âge.
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Costumes de cour, sokutai et hakama blanc avec une version longue associée à un hitatare.

Le hitatare était un vêtement de nuit molletonné, porté par les nobles. Il devint par la suite le vêtement ordinaire des nobles et des guerriers, puis l'habit de cérémonie des familles de guerriers. Il comportait deux parties: un hakama (ici en version longue) qui se portait au-dessus d'une tunique à manche plutôt courtes et dont le col était déjà celui du kimono actuel.
À l'époque de Kamakura, le
hitatare devint le vêtement ordinaire des bushi qui le mettaient sous leur armure.

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Avec les tenues plus formelles comme le ikan, kariginu, noshi etc… le pantalon intérieur (shitabakama) était recouvert par un pantalon du dessus (sashinuki) bouffant très ample, noué à la cheville. Le sashinuki était un hakama ample, très facile à porter et souvent utilisé. Ils étaient à l'origine portés par des personnes de rang inférieur, mais lorsque les nobles ou guerriers de rangs supérieurs ont commencé à les porter, ils sont devenus de plus en plus amples. Le nom sashinuki vient de la cordelette qui était attachée à l'ourlet et nouée autour des jambes au niveau de la cheville ou sous le genou. Lors de mouvements qui demandaient plus de souplesse et d'agilité, elle était nouée sous le genou ce qui permettait une meilleure mobilité. Dans ce cas, on pouvait aussi se passer du hakama du dessous. Le shimo-bakama porté officiellement sous le sashinuki n'était pas resserré à l'ourlet, facilitant ainsi la marche. Les motifs tissés du sashinuki étaient réservés aux nobles de la cour (à partir du 3e rang) et aux conseillers.
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Les officiants et fonctionnaires ordinaires de la cour portaient le suo ko-bakama, qui était à l'origine un vêtement de tous les jours pour les roturiers (haut et bas différents). Au fil du temps, le suô est devenu le vêtement ordinaire pour les familles de samouraïs et certains nobles de la cour, puis a fini par devenir une tenue de cérémonie. Il se porte avec un hakama plus court et plus étroit. La partie supérieure et le hakama sont fabriqués dans un tissu identique et de même couleur.
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Les gens ordinaires adoptèrent une tenue plus pratique et mieux adaptée à leurs activités quotidiennes: le hakama fut alors pourvu de deux larges ouvertures de chaque côté, et maintenu en place par des liens qui se nouaient à l’avant et à l’arrière. De plus, un lien fixé au bas de chaque jambe permettait d’en diminuer l’ampleur rendant ainsi les mouvements plus aisés.
Les guerriers et autres gardes apprécièrent également le côté fonctionnel du hakama et en firent l’élément essentiel de leurs tenues (kamishimo, suikan, hitatare). Ils le portaient bouffant avec l'ourlet remonté (kukuri-bakama).
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Sous leurs longues robes, les femmes de l'aristocratie portaient un long hakama rouge écarlate qui leur recouvrait les pieds, à même la peau sans autre sous-vêtement.
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Au cours de la période Heian (794-1185), les femmes de haut rang ont commencé à porter le hakama à la cour. Il désignait alors les hakama de teinte rougeâtre surtout portés comme sous-vêtements depuis le milieu de la période Heian. Le hakama écarlate devient un élément indispensable de la tenue féminine. En été, les nobles ne portaient qu'un hitoe-bakama, composé d'un kosode blanc et hakama rouge à même la peau, qui constituaient la tenue la plus légère et la plus décontractée.
PÉRIODE DE KAMAKURA (1185-1333)
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Hitatare

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Suô

La société a changé radicalement et les guerriers sont désormais au pouvoir.
Les hommes de la classe guerrière dirigeante et les nobles arboraient comme tenue ordinaire, le
kariginu (inspiré de la tenue de chasse en vogue durant la période de Heian) dont le haut des manches n’était pas cousu et qui permettait ainsi une plus grande ampleur des mouvements.

Les guerriers (
bushi) portaient au quotidien ou sous leur armure (yoroi-hitatare), un hitatare composé de deux parties, faites dans la même toile: un hakama maintenu par une ceinture blanche et un haut dont le col différait des tenues à col rond portées jusque là par les nobles (hô, kariginu…). Cependant, ce hitatare à col en V était considéré comme étant d'un niveau inférieur aux vêtements ronds agekubi.
Pendant la période de Kamakura (1185-1333), il est devenu le vêtement ordinaire pour servir le shogunat (bien que les samouraïs de haut rang portent des
suikan). À la fin de la période, il a remplacé le suikan comme tenue représentative du samouraï, et à la période suivante de Muromachi (1336-1573), il en est même venu à occuper la position de tenue de cérémonie. Elle est devenue la tenue représentative des samouraïs.

Le suô était à l'origine un vêtement en lin sans kamon porté par les guerriers de rang inférieur. Sa forme était identique à celle du hitatare, porté par les guerriers de grandes familles. Il se composait d'un haut et d'un hakama en bas. Le col de la tunique est croisé et elle se ferme par des liens en cuir (munahimo). La ceinture (koshi) du hakama est également faite dans le même tissu et à l'arrière, on note le rajout d'une planchette (koshi-ita) qui renforce le bas du dos. Plus tard, on prit l'habitude d'apposer l'emblème familial sur le kosode et le hakama. Jusqu'à la fin du 16e siècle, le haut et le bas étaient de couleur identique dans une même étoffe.
PÉRIODES DE MUROMACHI (1336-1573), AZUCHI (1582-1600)
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Les uniformes des guerriers se sont considérablement simplifiés. Plus particulièrement l'ensemble suô qui a vu ses manches disparaître pour donner cette nouvelle tenue appelée kataginu-bakama pour un guerrier de haut rang.
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Portrait de Oda Nobunaga qui porte l'habit officiel kataginu-bakama (ce terme utilisé jusqu'à l'époque d'Edo sera remplacé par l'appellation kamishimo).
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Tenue oficielle de cour avec un aka-hakama (hakama rouge) porté sous la tenue ko-uchigi.
Au cours de cette période, on a pu observer une simplification dans les tenues. En effet, l'essentiel résidait dans l'aisance et la facilité de mouvement. Les guerriers devaient souvent se battre et voulaient des vêtements pratiques et fonctionnels plutôt que des tenues de cérémonie.
C'est pourquoi le simple
hitatare était communément porté. D'autres variantes ont également été développées, notamment le daimon et le suô.
La version simplifiée et plus pratique du suô ci-dessus se portait sur un kosode blanc et existait dans plusieurs variantes. Elle a inspiré directement le kami-shimo de l'époque d'Edo.
En période de paix, les guerriers ont également commencé à porter des kosode par-dessus lesquels ils revêtaient des vestes semblables aux haori (jittoku, doufuku…).

Au cours du Moyen-Age et de la période d’Edo, les femmes de la noblesse et des familles de bushi ne portaient le hakama qu’à l’occasion de cérémonies ou d’événements particuliers (uchigi yôshiki).
Durant la période Edo (1603-1868), les femmes n'avaient pas le droit de porter le
hakama en raison du code vestimentaire strict basé sur le sexe et le statut. Les seules exceptions à cette règle concernaient les dames de la cour, mais à part elles, les femmes portaient de longs kimonos avec de larges ceintures.
PÉRIODE D'EDO (1603-1868)
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Le naga kami-shimo en soie était la tenue formelle des daimyô et bushi de haut rang, lorsqu'ils étaient au château en présence du shôgun, en dehors des événements officiels. Il comporte une sorte de gilet à larges épaules et un hakama. Pour les rangs inférieurs, il était en lin uni (asa-kamishimo) gris le plus souvent ou orné de très petits motifs teints (komon) et rehaussé de 4 kamon tout comme le kosode noshime en soie porté en dessous.
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À gauche: tenue kataginu-bakama portée au quotidien.
À droite: kosode noshime porté par les guerriers sous le kataginu-bakama, pour des occasions formelles. Le noshime est un kosode à kamon, avec au niveau des hanches une bande rayée ou ornée de petits motifs ikat (kasuri).
La partie inférieure du hakama devint plus ample et large que celle des hanches et l’aspect actuel du hakama naquit à cette période.
L'ensemble kosode et hakama fut appelé kamishimo et devint la tenue officielle des guerriers. Porté sur le kosode, le hakama faisait partie de la tenue ordinaire de la classe des bushi (guerriers).
C’est aussi à l’époque d’Edo qu’apparurent d’autres types de
hakama (umanori bakama, nobakama, fungomi hakama, tatsutsuke-hakama...) dans une grande variété de tissus.
PÉRIODE DE MEIJI (1868-1912)
L'avènement de l'ère de Meiji est un grand tournant dans l'histoire du Japon. Avec la restauration du pouvoir impérial, le Japon opéra de profondes réformes et s'occidentalisa. Jusque là, les modes occidentales étaient pratiquement inconnues au Japon avant et des changements vestimentaires majeurs apparurent peu à peu. Dans un premier temps, ces changements radicaux ont donné lieu à une période de flottement, de désarroi et de confusion que l'on peut observer sur les photos et estampes de l'époque. Les hommes de Meiji adoptèrent le costume occidental comme tenue formelle mais le mélange des styles japonais et occidental où cohabitaient kimonos, haori (veste), hakama, chapeaux, parapluies et chaussures perdura pendant quelque temps. Une nouvelle culture prit peu à peu racine dans la vie des Japonais.

LES FEMMES ET LE HAKAMA

Depuis la période Heian (794-1185), le
hakama était porté par les femmes des classes nobles et guerrières, mais après la période Kamakura (1185-1333), le port du hakama féminin a décliné. Ce n'est qu'à l'ère Meiji (1868-1912) que les femmes ont recommencé à le porter.
À la cour impériale des années 1880, les femmes portaient un
uchigi-hakama (tenue était portée au quotidien à la cour de Heian) pour les cérémonies officielles seulement. Les femmes actives de la nouvelle génération qui travaillaient à l'extérieur et se déplaçaient ont également adopté le hakama, pratique et confortable, qui ne gênait pas la marche, contrairement au kimono inadapté à ce style de vie moderne.

L'ère Meiji fut également l'aube de l'éducation des femmes.
Dans la société féodale d'Edo qui a précédé, on pensait que les femmes n'avaient pas besoin d'étudier et qu'elles devaient simplement s'occuper de la maison et de la famille.
En 1870, des missionnaires chrétiens créèrent une série d'écoles pour filles dans les colonies étrangères, notamment une école de filles à Tsukiji (Tôkyô) et l'école de filles Ferris à Yokohama.
À cette époque, le contenu de l'enseignement en japonais n'avait pas encore été établi, et les cours étaient centrés sur ce que l'on appelait les "études occidentales", dans lesquelles les étudiants traduisaient et lisaient des manuels anglais.
La question de savoir comment habiller les étudiantes devint un sujet de débat. Les écoles de l'époque étaient de style occidental, où les élèves s'asseyaient sur des chaises pour suivre les cours. Le gouvernement a autorisé les étudiantes à porter des
hakama d'homme, une exception à la règle de l'époque, car le bas du kimono avait tendance à se déformer et à s'ouvrir lorsque les étudiantes s'asseyaient sur des chaises.
Cependant, l'opposition publique au port du
hakama masculin par les étudiantes était profondément enracinée, et de nombreuses lettres de critique furent publiées dans les journaux.
En 1883, le gouvernement publia un avis interdisant le port du
hakama masculin, et celui-ci a disparu de la population étudiante féminine.
En 1897, les enseignantes et les étudiantes ont commencé à porter des
hakama féminins brun-rouge (couleur ebicha-iro), inspiré du hakama féminin violet utilisé par les écoles de filles nobles. Il était sans entrejambe (andon-bakama), et se portait sur le kimono avec des bottines lacées en cuir ou des zôri. De longs rubans dans les cheveux complétaient cette tenue d'étudiante.
Élégante et pratique, elle devint le symbole d'une nouvelle jeunesse éduquée qui pouvait bouger librement et marcher à son rythme. Ces étudiantes devenues plus actives, faisant du vélo, jouant au tennis contrastaient avec les femmes d'Edo. Cette image symbole des femmes d'une nouvelle ère s'est imposée peu à peu: elles étaient représentées dans les gravures des magazines, dans les romans des journaux et étaient au centre de l'attention sociale. Les étudiantes portaient parfois des insignes de leur école sur leur
hakama (boucle en métal et ceinture sur le hakama, clip).
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Uchigi-bakama, réservé aux dames de la cour.

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Étudiantes en 1885. Le hakama est interdit et le kimono s'impose.

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En 1897, le hakama féminin est autorisé. Ceinturons avec emblème de l'école. Années Taishô.

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Kimono, andon-bakama et jolis rubans pour les élèves et l'enseignante mais tenue occidentale pour le directeur de l'école. Années Meiji.

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Les représentations de jolies étudiantes en hakama, cheveux au vent, devinrent courantes et furent utilisées dans la publicité.

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Après la restauration Meiji, alors que la vague de civilisation et d'ouverture sur le monde extérieur déferle sur le Japon, l'éducation des filles se répand progressivement. À la fin de l'ère Taisho (1912-1926), près de 300 000 filles fréquentaient l'école secondaire.
À cette époque, les étudiantes, qui constituaient une nouveauté, étaient exposées aux regards curieux du monde, encore imprégné de féodalisme, mais leur style changeait avec l'évolution de la société !
PÉRIODE DE TAISHÔ (1912-1926)
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Ebi-cha iro (couleur brun-rouge) hakama et kimono souvent associé avec un motif yabane (empennes de flèches) qui symbolise le but à atteindre.
Les écoles de filles entrèrent dans une période de plein épanouissement. À l'ère Taishô, le nombre d'élèves fréquentant l'école secondaire pour filles augmenta de manière significative en raison de la diffusion de l'éducation générale des filles.
Mais après le grand tremblement de terre du Kantô en 1923, les uniformes de style occidental furent adoptés les uns après les autres dans les écoles de filles. En particulier, au début de la période de Shôwa (1926-1989), la majorité des écoles avaient adopté l'uniforme de marin, qui avait déjà été introduit comme tenue de sport à la fin de la période Meiji. Avec le passage aux vêtements de style occidental, les coiffures également évoluèrent, passant des coiffures classiques aux chignons et aux coupes courtes en carré.
Le style
hakama pour femmes, devenu populaire comme uniforme scolaire pour les étudiantes à l'époque Meiji et Taishô, était plus qu'une simple mode. À l'époque, ce style moderne et haut de gamme était considéré comme un signe de fierté, d'émancipation et de réussite.
DE NOS JOURS…
Le style hakama, mélange de style japonais et occidental, très populaire pendant les périodes de Meiji et Taishô et symbole des étudiantes, a disparu des campus avec la diffusion des vêtements occidentaux.
Aujourd'hui, le
hakama est réservé à des occasions très particulières et reste une tenue de cérémonie portée par exemple lors des remises de diplômes universitaires (pour les étudiantes) ou de la Fête de la majorité (pour les étudiants) dans un style classique et formel ou dans des versions très libres. Les occasions officielles de porter un hakama ne sont pas si fréquentes (cérémonies diverses, mariages principalement si vous êtes de la famille seulement).

Il est également indispensable pour la pratique des arts traditionnels (cérémonie du thé, danses, théâtre no) ou des arts martiaux. Formes et matériaux sont alors adaptés à chaque pratique.

Le hakama présente cinq plis à l'avant qui, selon la pensée chinoise, constituent le groupe des cinq vertus principales: nin, gi, rei, chi, shin (bienfaisance, équité, sens du protocole, sapience, probité). L’unique pli arrière représente la voie de la sincérité. Les plis centraux sont un peu plus courts que les plis latéraux, et favorisent ainsi le déplacement.

Récemment,
manga et autres anime ont ramené le hakama sur le devant de la scène.
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Cérémonie de fin d'études avec remise des diplômes (long hakama et furisode, kimono à longues manches).

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Fête de la majorité seijinshiki (à 21 ans au Japon).

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Montsuki-bakama, la tenue masculine la plus officielle: kimono et haori noir en taffetas, ornés de 5 blasons identiques. Hakama rayé en soie. Accessoires blancs.
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Prêt pour une cérémonie du thé. La tenue est sobre: pas de kamon sur le haori.
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