Pour la plupart des Japonais contemporains, le kimono est un habit de cérémonie porté tout au plus une ou deux fois par an (Nouvel An, mariage...) et les jeunes générations l’ont considéré pendant des décades comme une relique appartenant à un Japon ancien sans aucun lien avec leur vie de tous les jours.
Les Japonais continuent à l’admirer mais les raisons invoquées pour ne plus le porter ne manquent pas: vêtement peu adapté à une vie moderne, difficultés à reconnaître la véritable valeur d’un kimono ou à le choisir en fonction de l’occasion, prix élevé, habileté requise pour s’habiller seules (l’aide de professionnels étant réservée aux grandes occasions seulement), manque de place pour les ranger correctement...

La transformation de l'habillement japonais à la fin du 15e siècle et jusqu'au milieu du 16e s'explique par l'étude de la forme, des motifs et des couleurs. Il s'agit d'une longue robe colorée à manches longues, ouverte sur le devant et qui enveloppe le corps. Les deux pans se croisent en rabattant impérativement le côté gauche sur le droit. Il est maintenu en place par une ceinture (obi) plus ou moins large, nouée autour de la taille pour les femmes et un peu plus bas pour les hommes.
La forme et la longueur des manches, les motifs et les couleurs du tissu, la grande variété des tissus, la largeur et le style de la ceinture sont autant de facteurs choisis en fonction de l'âge, du sexe et du statut de la personne qui le porte mais aussi de la saison et de l'événement. Autrefois, on pouvait mettre de petits objets usuels dans les poches des manches, amples et flottantes.
Tous les kimonos ont la même forme et sont taillés dans des rouleaux de tissu offrant des longueurs et des largeurs standard (environ 12 m de long sur 36 cm de large) qui nécessitent parfois quelques ajustements selon la taille de la personne. Les kimonos féminins présentent une multitude de variations en fonction du tissu (soie, lin, coton, laine, rayonne...) et du motif (tissage, imprimé, broderie, pochoir...).
Le kimono est toujours plus long que la hauteur de la femme qui le porte. La longueur est ajustée par un pli au niveau de la taille qui sera ensuite caché par la ceinture (obi).

Le terme «kimono» fut utilisé seulement à partir du 19e siècle pour désigner le vêtement japonais traditionnel.
Jusque-là, on distinguait le
kosode (à manches cousues avec un étroit passage pour les mains) et le ôsode (vêtement à larges manches ouvertes, réservé aux classes dirigeantes) pour désigner le kimono au sens où nous l'entendons actuellement.
Avant le 15e siècle, les
ôsode (hirosode) à manches larges étaient surtout portés par les femmes de la noblesse, les kosode n'étant que des sous-vêtements de soie blanche.
SOURCES
Histoire du Japon, Francine Hérail (PUF)
Nouvelle histoire du Japon, P.F. Souyri
Le monde à l'envers, P.F. Souyri
D'Edo à Tôkyô, Philippe Pons
Crime et misère au Japon, Philippe Pons
Les samourais, S.Turnbull
Dictionnaire historique du Japon, Maison franco-japonaise
Tokyo national museum
Bibliothèque du musée Guimet, Paris
Le costume de Heian, Charlotte
von Verschuer, Cipango
La voie des éphèbes, Tsuneo Watanabe et Jun-ichi Iwata
Les arts du Japon à l'époque d'Edo, Chantal Kozureff
Esthétiques du quotidien au Japon, Jean-Marie Bouissou


江戸のダンディズム
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日本の美術,町人の服飾
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