PÉRIODE DE HEIAN (794-1185)
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Les couleurs vives et
contrastées des costumes des périodes d'Asuka (552-645) et
de Nara (645-794) issues de croyances magico-religieuses
étaient intimement liées à l'art bouddhique et à
l'influence sino-coréenne. Les teinturiers chinois qui
officiaient à la cour instaurèrent cinq couleurs
officielles en plus du blanc (jaune, pourpre, rouge,
bleu-vert et noir). Celles-ci appartenaient à un système
philosophique et religieux complexe et indiquaient les
rangs occupés au sein de la cour.
En 603, un système inspiré de cette pratique chinoise fut
appliqué par Shôtoku Taishi et permit également de définir
les rangs et statuts officiels du gouvernement (kurai
iro).
Ce n’est qu’à partir du milieu de la période suivante
(Heian 714-1192) que naquit peu à peu (toujours au sein des
classes supérieures de la noblesse), un style proprement
japonais dans tous les domaines de la vie quotidienne et
artistique, les motifs textiles ne faisant pas exception.
La cour de Heian se concentrait sur des soucis purement
esthétiques et artistiques (poésie, musique, littérature,
festivals et cérémonies diverses, voie de l'encens, mode
vestimentaire...).
Le choix des parures et les associations de couleurs des
différents kimonos superposés variaient en fonction des
saisons, des couleurs présentes dans la nature, du moment
de la journée, de l'humeur, des sentiments du moment... Ces
arrangements qui étaient tout d'abord des choix personnels
se standardisèrent et s'officialisèrent peu à peu pour
constituer un code particulièrement complexe et rigoureux
(kasane no irome).
La palette des costumes de
cette époque montre des nuances subtiles de mauve, violets,
jaunes et verts, des dégradés de roses, de rouges, de
bleu-ciel et de blancs. Le noir et les couleurs sombres
étaient peu appréciées car elles marquaient une rupture
avec la cour (exil, vie monacale, deuil) (2).
Les teintures des tissus constituaient une tâche pratiquée
au sein des demeures aristocratiques. La maîtresse de
maison supervisait les travaux et son sens de l'esthétique
ainsi que ses connaissances techniques déterminaient la
qualité des couleurs et les infimes nuances.
Les vêtements qui étaient alors tissés dans des couleurs
unies ne présentaient pas de motifs complexes.
Certaines couleurs étaient strictement interdites car
portées par l'empereur seulement (1).
(1)
(2)
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Cette adaptation des motifs
continentaux à une préférence “nationale” (yûsoku
moyô) a donné naissance à des représentations qui
furent conservées et adoptées par les générations suivantes
des classes guerrières de la période de Kamakura pour
finalement être assimilées, bien plus tard, par la majorité
de la population.
Les modèles de ces motifs sont inspirés d'éléments de la
vie quotidienne: cercles, losanges, polygones, lignes
croisées, lignes courbes, faune et flore...
CERCLE (sur fond uni ou associé à un autre motif)
LOSANGE




HEXAGONE




LIGNES
COURBES




BROCART
ARABESQUES


Les guerres
incessantes qui caractérisèrent la période médiévale virent
le déclin de la culture aristocratique avec notamment la
perte regrettable de nombreuses techniques
tinctoriales.
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