LE MILIEU DE LA PÉRIODE D'EDO


Les kosode féminins de la classe bourgeoise


Genroku kosode, palissade en bambous et camélias

À la fin du 17e siècle, de nouvelles techniques de teintures firent leur apparition (yûzen some) et connurent une grande vogue auprès des femmes de la classe marchande jusqu'au début de l'ère Genroku (vers 1690). Les motifs de type yûzen (floraux notamment) se répartissaient sur toute la surface du kosode. Cette mode dura peu et commença à décliner vers 1692.
Les possibilités offertes par ces nouveaux procédés permirent l'utilisation d'une gamme élargie de couleurs et de dégradés.
Les
kosode des femmes des classes guerrières et bourgeoises évoluèrent différemment à partir de cette époque.
Les femmes aisées de la classe marchande remplacèrent les satins de leurs vêtements par de la soie
chirimen qui mettaient mieux en valeur les motifs obtenus par les nouveaux procédés de teintures (en dehors toutefois de leurs vêtements d'été). Grâce aux progrès de la teinture yûzen, les motifs occupèrent la surface du kosode à la manière d'un tableau. De plus, les voyages, qui étaient très à la mode au milieu du 18e siècle, favorisèrent cet engouement pour les paysages et l'on vit apparaître sur les vêtements de véritables scènes de paysages célèbres.


Genroku kosode, barques et herbes aquatiques

Yûzen some

Yûzen some, paysages célèbres de Kyôto

Un style très en vogue dans les années 1716-1736: des motifs peints (floraux surtout)
par des artistes célèbres de l'époque ou "à la manière de" (ici, Ôgata Kôrin)


Fleurs de pruniers, kosode peint par Sakai Hôitsu


Paysage printanier de montagnes et rivières peint par Matsumura Goshun

La 2e moitié du 18e siècle vit les kosode teints évoluer vers deux nouvelles représentations. Les paysages réalistes firent place à des scènes imaginaires et colorées sans rapport avec la réalité et les motifs (scènes de genre) furent très peu colorés, apparaissant presque blancs en contraste avec le fond.


Yûzen some, herbes d'automne et cailles
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Les kosode féminins de la classe guerrière
Face aux femmes de la classe bourgeoise, éprises de nouveautés et qui furent les premières à préférer et à adopter les nouvelles techniques de teintures, les femmes de la classe des bushi, de tendance plutôt conservatrice, réagirent tardivement aux nouvelles modes. Conscientes de la supériorité de leur statut social, elles résistèrent certainement à une mode qui ravissait les femmes de classes inférieures.

L'évolution de leur
kosode poursuivit deux tendances jusqu'à la fin du 19e siècle.
Jusque dans les années 1715, les motifs dorsaux des
kosode furent apposés sur le côté droit, laissant un espace vide plus ou moins large au niveau de la taille, et sur la gauche. Un des motifs traditionnels très apprécié représentait un arbre (prunier, cerisier, pin...) sur la droite. Notons que le même thème ornait également les kosode des femmes de marchands mais sur de la soie chirimen et teint selon le nouveau procédé yûzen.
Vers les années 1710, les motifs migrèrent vers le haut et le bas du dos du
kosode. Les motifs du haut montrèrent tout d'abord des similitudes avec ceux du bas puis peu à peu, ils se différencièrent complètement. Cette nouvelle tendance, très en vogue dans les années 1720, se retrouve à nouveau sur les kosode des femmes de la classe bourgeoise.
La raison de ce choix fut certainement dictée par la largeur des
obi en vigueur en ce début de 18e siècle.


Glycines, portes coulissantes, aiguilles de pin

Dissociation très nette des motifs du haut et du bas

Ainsi de la fin du 17e siècle jusque dans les années 1735, les kosode des femmes de bourgeois et de guerriers se ressemblèrent étrangement avec pour seules différences les techniques tinctoriales et ornementales. Ce n'est qu'au milieu du 18e siècle qu'une véritable scission commença à apparaître pour aboutir plus tard à une conception commune.

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