PÉRIODES ASUKA (593-710) ET NARA (710-794)

Au cours de ces périodes, alors que la culture chinoise était très en vogue, la noblesse adopta de longues robes de cour d'inspiration chinoise qui furent à l'origine du kimono. Parallèlement à cette hiérarchisation du costume, se mirent en place des règles relatives au choix des couleurs (violet, bleu, rouge, jaune, blanc et noir) permettant de déterminer le statut social de celui qui les portait. Un Bureau impérial des Teintures fut inauguré vers 701.

En 718, le Code de lois de l'ère Yôrô (yôrô ritsuryô), qui constituait la législation fondamentale de l'état japonais au début de cette période, se composait de chapitres relatifs aux rangs et fonctions, aux affaires des dieux, aux études, aux choix des fonctionnaires et... aux costumes.
Il y était spécifié par exemple que les deux pans du vêtement devaient se croiser sur le devant en plaçant impérativement le côté gauche par-dessus le côté droit, selon la mode chinoise (coutume encore en vigueur de nos jours mais pour d'autres raisons). L'inverse était considéré par les Chinois de l'époque comme une marque de facilité et de barbarisme.
COSTUMES DE COUR SOUS L'IMPÉRATRICE SUIKO (592-628)
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Hommes et femmes portent le , sorte de robe serrée à la taille par une longue ceinture (nagahimo) et le hirami, une jupe plissée de longueur moyenne. En-dessous de celle-ci, les hommes portent un hakama et les femmes, une longue jupe plissée appelée mo.
Les cheveux des femmes sont noués dans le dos.
COSTUMES DE COUR SOUS L'EMPEREUR TEMMU (MILIEU-FIN 7E S.)
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Le se porte noué au col et croisé devant, le pan droit placé au-dessus. Hakama blanc pour les hommes et longue jupe rayée pour les femmes qui adopte le chignon.
COSTUMES DE COUR VERS 720
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Le vêtements réservés aux nobles, aux hauts dignitaires et aux fonctionnaires répondaient à des règles très précises. Les éléments de la mode masculine et féminine commencèrent à diverger au cours de cette période. Les femmes de la cour arboraient un haut sans manches (kariginu) par-dessus une veste et elles glissaient l'ensemble sous le mo (jupe plissée) qu'elles ceinturaient ensuite. Autour de leurs épaules pendait une longue écharpe (hire).
ROUTE DE LA SOIE
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Introduits au Japon via la Route de la soie, les textiles japonais les plus anciens qui nous sont parvenus datent du 8e siècle et sont conservés précieusement au Horyû-ji et au Shoso-in (Nara), deux temples renommés qui constituèrent l’étape finale de ce long parcours.
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Les motifs variés de ces tissus (
jôdaigire) révèlent avec une nette évidence l'influence d'un héritage culturel moyen-oriental (Perse sassanide (226-651), actuelle Iran, et chinois: motifs floraux complexes en médaillons ou rosaces encadrant des oiseaux, arabesques, animaux bien réels ou créatures mythiques chinoises (dragon, phoenix...).
Quelques silhouettes de personnages sont parfois associées à ces motifs sous les traits de nobles cavaliers ou de chasseurs.