Au cours de la période de Kamakura (1295-1333), le groupe des guerriers n'est pas défini de façon précise. À part les vassaux, nombreux étaient les bushi qui conservaient un mode de vie proche de celui des paysans, continuant à s'occuper de leur exploitation. Ce n'est qu'au 13e siècle qu'ils se séparèrent de la classe paysanne.

Le gouvernement militaire de Minamoto Yoritomo accéda au pouvoir et s’installa à Kamakura, loin d’une cour décadente dont il délaissa les excentricités.
Les conséquences de ce changement politique radical furent visibles jusque dans les tenues vestimentaires qui se simplifièrent considérablement.
Les superpositions de plusieurs robes de soie et le port du
hirosode (robe à manches larges qui témoignait d’un statut élevé) furent abandonnés pour des tenues plus sobres et plus fonctionnelles aux manches plus étroites (kosode).
Les hommes de la classe guerrière dirigeante et les nobles arboraient comme tenue ordinaire, le
kariginu (inspiré de la tenue de chasse en vogue durant la période de Heian) dont le haut des manches n’était pas cousu et qui permettait ainsi une plus grande ampleur des mouvements. Mais le confort et la simplicité de ces tenues d’un nouveau style ne furent pas les seules raisons du choix des militaires de cette période: en effet, elles ressemblaient beaucoup aux tenues de combat déjà portées par leurs ancêtres au cours de la période précédente. Ainsi, ne faisaient-ils que perpétuer les habitudes vestimentaires de leurs ancêtres guerriers de la période de Heian.


La fabrication des armes et des armures revêtit une grande importance. L'armure était faite de plaques de cuir ou de métal reliées entre elles par des lacets de couleur vive. Des jambières protégeaient les jambes. Le casque de métal, rond et prolongé vers l'arrière par des lames de métal, était orné d'un cimier en forme de cornes encadrant quelques fois un motif. Les armes offensives étaient surtout le sabre et l'arc. Les sabres japonais étaient réputés et exportés en Chine.
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L'armure du guerrier yoroi pouvait être endossée par-dessus le hitatare. Les manches étaient alors moins amples et le pantalon, plus court, était doté de jambières.

Le costume masculin changea véritablement à la fin de cette période. Les guerriers bushi portaient au quotidien un hitatare consistant en un haut (une sorte de kimono court, brocardé pour les événements officiels) glissé à l’intérieur d’un hakama ou bien encore un suô (une forme proche de celle du hitatare), tous deux ornés de motifs audacieux. Cet habit semble avoir été adopté à partir du vêtement de travail des gens du peuple et permettait une ampleur de mouvement plus aisée.
Cependant, lors d’événements officiels, le port des robes à manches larges (hirosode) et à col rond, vestiges de la période de Heian, restait en vigueur (konôshi).
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Suô

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Daimon

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Hitatare

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Konôshi

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Pour les femmes de la classe des guerriers de haut rang, l'élégance se réduisait à un simple kosode blanc en soie porté avec un hakama rouge. Dans les circonstances officielles, elles portaient également un uchiki brocardé, une sorte de long manteau qu’elles passaient par-dessus leur kosode. Le obi n’était alors qu’une simple ceinture étroite ou une cordelette.
Suite au développement grandissant des nouvelles sectes bouddhistes, les pèlerinages et visites aux temples étaient à la mode et lorsque les femmes sortaient ou voyageaient, elles se couvraient la tête à l’aide d’un second kosode, à la façon dont on peut, de nos jours, s’abriter de la pluie en passant une veste sur la tête. Ce kosode était maintenu en place par une ceinture au niveau des épaules ou de la poitrine (kazuki). Une variante consistait à porter un large chapeau rond en paille autour duquel pendait un long voile transparent qui leur permettait de garder l’anonymat (tsubo ori).
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C’est à cette époque que s'imposa peu à peu la forme du kosode (kimono). Il devint le vêtement usuel des classes populaires qui le portaient comme sous-vêtement et comme vêtement d'extérieur.
Dans ce dernier cas, il répondait à certaines exigences pratiques et esthétiques notamment en s'adaptant aux saisons (simple, double ou matelassé).
Tissé dans des matières végétales (lin), le
kosode était uni ou orné de motifs teints très simples (shibori).
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Marchande de rue. Sur son kosode du dessus en lin blanc, on aperçoit quelques motifs teints selon la technique du shibori.
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L’appauvrissement engendré par les guerres incessantes de l’époque obligea également les courtisans à adopter un habillement plus simple. Les classes supérieures des familles de bushi avaient pour habitude de conserver et de transmettre leurs biens les plus précieux et leurs vêtements, alors que les classes inférieures usaient leurs habits jusqu’à la corde. Ils confectionnaient ensuite des vêtements ou des langes pour leurs enfants; c’est pourquoi, la majorité des kosode intacts aujourd’hui appartenaient à des familles de guerriers.
MOTIFS ET COULEURS
Les guerriers provinciaux, assez peu instruits, ne montraient nul mépris pour la civilisation aristocratique et firent des efforts pour l'acquérir et la répandre. Leur mode de vie, leur habitat, leur costume restaient alors très simple.
Désormais à la tête du pays, cette nouvelle classe dirigeante donna également naissance à une nouvelle culture. Dans le domaine vestimentaire, lors d’événements officiels ou publics, les dirigeants et guerriers de haut rang continuèrent d’arborer pendant un temps les tenues des nobles (
kuge) à manches larges (ôsode) afin de bien montrer qu’ils leur succédaient à la tête du pays et qu’ils étaient les détenteurs du nouveau pouvoir. En privé et lors de leurs occupations quotidiennes, ils retrouvaient leurs origines et leurs racines en portant le kosode (à manches étroites), le hitatare, le suô... Ceux-ci étaient tissés en fibres végétales (lin) aux teintes sobres, souvent unis ou ornés de quelques motifs tissés assez simples. Puis peu à peu, la soie et les tissus damassés ou brocardés remplacèrent le lin avec des motifs tissés traditionnels, identiques à ceux que portaient les aristocrates autrefois. Cette tendance se poursuivit jusqu’au milieu de la période de Muromachi (1336-1573).
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